‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 241 sur 267 · EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

EN ESPAGNE

Il lui témoigne sa rcconnaiftsance de ses bienveillantes intentions à l'égard de la i

Compagnie, et lui annonce Tenvoi d*un abrégé de l'Institut.

Juillet i653.

Que la paix de Dieu qui surpasse tout sentiment remplisse nos cœurs et nos esprits.

Monseigneur,

La lettre que Votre Excellence vient d'écrire à M. Brin est à mes yeux un témoignage des plus assurés de votre bonté à notre égard, surtout depuis que je sais, par le révérend père jésuite Artagan, que Votre Seigneurie lui avait plusieurs fois fait remettre des lettres, afin de recevoir de nous un abrégé de la nature de notre Institut, qu'elle voudrait présenter à un illustre personnage qu'il me nomma.

Je rends les plus sincères actions de grâces à Votre Excel- •

lence, et je suis tenu par les plus justes motifs de prier Dieu qu'il lui rende ces bienfaits, soit à cause de la nature et de la condition du lieu d'où elle regarde notre chétive Compagnie, soit à cause de l'excellence des fins qu'elle se propose.

J'ai donné un abrégé de notre Institut au révérend père,

I. M. du Lœus, bienfaiteur de la Compagnie, invitait M. Brin à se rendre en Espagne.

Pax Dei quae cxsuperat omnem sensum repieat corda et intelligentias nostras.

Inspectionem epistolae quam Dominatio Vestrà scripsit ad dominum Brin, admodum Révérende Domine, inter honorifica benevolentiae testimonia reputo, tum quod reverendus patcr Artagast jesuita significavit mihi semel atque iterum Domination! Vestrae eadem de re misisse litteras, de habenda videlicet a nobis summatim instituti nostri ratione, quam viro prœexcellentiy quem nominat^ exhibere velit.

Gratias Dominationi Vestrs ago quam maximas, eique, tum ob loci naturam et conditionem, in quo pusillae Congrégation! nostrœ prospicit^ cum ob finis prsstantiam justissimis de causis addicor; Deus rétribuât. Hanc vero quantulamcumque Instituti nostri delineationem dedi optimo patri, qui pro sua humanitate recepit se efTecturum ut in manus Dominationis Vestrse perveniat. Ego autem, ut de me pollicear cor meum in sinum vestrum depono,

qui m'a promis obligeamment de le faire parvenir aux mains de Votre Seigneurie. Pour moi, j'ose prendre sur moi de placer avec tout le respect et la révérence possibles mon cœur dans celui de Votre Excellence, pour la supplier de l'offrir au Dieu très bon et très grand, et d'implorer sa grande miséricorde à mon égard; et moi, dans toutes mes prières et supplications, je me souviendrai toute ma vie de Votre Seigneurie pour que Dieu daigne la secourir et la favoriser dans toutes ses entreprises.

Pour le moment, M. Brin n'est pas à Paris, il en est éloigné de cent cinquante lieues; son chemin est donc plus court et déjà à moitié fait ; il prend soin d'une de nos petites familles de Gascogne, à Notre-Dame de la Rose, dans le diocèse d'Agen. Je lui ferai connaître comment nous avons accompli l'ordre.

La mort du très vénérable évêque de Limerik, qui vient d'expirer à Bruxelles, m'a grandement ému, et j'en suis accablé d'une profonde tristesse. Il y a trois ou quatre mois que je lui ai offert une demeure à notre maison de Saint-Lazare, au cas où il aurait désiré venir à Paris; mais Dieu, nous jugeant indignes d'un tel hôte, nous a refusé cette consolation et l'a reçu dans ses tabernacles éternels. Je souhaite vivement que,

observantia plenus et timoré reverentiali, ut ofFerat Deo optimo maximo ejusque misericordiam magnam super me imploret. Ego autem in omnibus obsecrationibus et orationibus meis memor ero Dominationis Vestrae quoad vivam, ut illam in sanctis suis occupationibus ac directionibus sospitet et felicitet.

Dominus Brin non est modo Parisiis abestque quinquaginta et centum leucis^ compendiosiore ad vos itinere, et magna jam ex parte confecto : in Vasconia exiguae familiae cujusdam nostrae curam gerit, in loco dicto Domina Nostra de Rosa, dtœcesis Agenensis. Faciam hune certum quemadmodum mandatum implevimus.

Porro mors reverendissimi episcopi de Limerik quae Bruxellae accidit vehementer me percuttt ac pêne consternavit, a tribus aut quatuor mensibus. Si forte Lutetiam venire libuisset, habitatîonem in una domo sancti Lazari obtuliy verum tanti episcopi praesentiam nobis Deus non induisit , utpote

dans quelque affaire intéressant beaucoup Votre Seigneurie, il se présente une occasion favorable de lui montrer combien notre cœur est rempli de reconnaissance à son égard; nous nous empresserions de la saisir, afin de correspondre en quelque manière à une volonté généreuse et aussi étendue qu'est en notre faveur la vôtre.

Voilà ce que désire de toute Tardeur de son âme, très révérend Seigneur, de Votre Excellence, etc.

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