‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 26 sur 267 · I. M. Lebon, prieur de Saint-Lazare · texte numérisé non relu

I. M. Lebon, prieur de Saint-Lazare

jusqu'au soir après souper, auquel temps nous avons encore une heure de récréatîon, laquelle achevée, nous rentrons dans le silence, pendant lequel nous ne parlons que de choses nécessaires et encore tout bas. Or quiconque ôte cela d'une communauté y introduit un désordre et une confusion qui ne se peuvent dire; ce qui a fait dire à un saint personnage : qu'il assurera, voyant une communauté qui observe exactement le silence, qu'elle observe aussi exactement le reste de la régularité ; et qu'au contraire en en voyant une autre où le silence ne s'observe pas, qu'il est impossible que le reste de la régularité s'observe. Or il est bien à craindre, Monsieur, que ces messieurs ne voulussent pas s'obliger à cela, et que ne le faisant pas, nous ne renoncions à cette pratique si nécessaire que nous avons tâché d'observer jusqu'à présent le moins mal qu'il nous a été possible; aussi me semble-t-il moins expédient de revenir aux propositions que me firent messieurs les religieux en la présence de mondit sieur le prieur, qui sont : qu'ils prendront quelques logements particuliers qu'on leur fera accommoder à leur usage avec des cheminées; et quant aux meubles, ils pourraient prendre ceux qu'ils ont présentement dans leurs chambres. Pour le linge et la vaisselle, nous leur en baillerons, ou cinquante livres à chacun pour en avoir ; à quoi tant s'en faut que je trouve de la simonie, qu'au contraire il me semble plus raisonnable d'en user ainsi, puisque ces messieurs nous laisseront leurs meubles communs ; et par ce moyen ils nous laissent aussi le dortoir où nous pourrons sans aucune difficulté garder notre silence.

Et pour le regard du chœur, mondit sieur le prieur propose les rangs, et que nous y porterons le domino' depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, et encore l'aumusse*. Or je vous

1. Domino^ capuchon noir dont les chanoines se couvrent la tête.

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