‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 27 sur 267 · Aumusse, fourrure employée par les chanoines · texte numérisé non relu

Aumusse, fourrure employée par les chanoines

dirai. Monsieur, qu'encore que je ne fasse aucune difficulté que, quand ces messieurs auront agréable de venir au chœur, la Compagnie ne leur doive laisser les premiers rangs, je pense néanmoins qu'il est convenable de ne nous point charger de Yaumusse ni du domino ; et que, pour éviter la confusion, et le soupçon que le parlement aurait que nous commencerions déjà à devenir chanoines, et par conséquent que nous renoncerions tacitement à notre dessein de travailler incessamment pour le pauvre peuple des champs ; il est, dis-je, expédient que Ton ne nous charge ni de Vaumusse ni du domino^ et qu'on nous laisse le service pour le faire à la décharge de notre conscience, comme il est couché dans le concordat. Or la façon selon laquelle je me propose de le faire et que M. le prieur a trouvée bonne d'autrefois, est de dire l'office média voce sans chanter, excepté la grand'messe et vêpres les dimanches et fêtes.

Voilà, Monsieur, les difficultés que je trouve aux propositions que me fit M. le prieur hier soir, lesquelles je vous supplie très humblement de lui représenter ce matin et de mander son sentiment. J'ai une très parfaite confiance que, comme il regarde principalement la gloire de Dieu et le salut du peuple en cette affaire, voyant les inconvénients qui pourraient arriver, si les choses se passaient comme il les a proposées, il aura agréable la très humble représentation que je lui en fais, qui aimerais mieux que nous demeurassions toujours en notre pauvreté, que de détourner le dessein de Dieu sur nous. Je suis honteux de vous tant importuner, votre charité me le pardonnera, s'il lui plaît, etc.

I) lui parle des exercices des ordinands à Paris, et de leur utilité t.

Monsieur,

Mgr Tarche vêque * , conformément à la pratique ancienne de l'Église, en laquelle les évêques faisaient instruire chez eux, durant plusieurs jours, ceux qui désiraient être promus aux ordres, a ordonné que dorénavant ceux de son diocèse qui auront ce désir se retireront, dix jours avant chaque ordre, chez les prêtres de la Mission, pour y faire une retraite spirituelle, s'exercer à la méditation si nécessaire aux ecclésiastiques, faire une confession générale de toute leur vie passée, faire une répétition de la théologie morale^ et particulièrement de celle qui regarde l'usage des sacrements ; apprendre à bien faire les cérémonies de toutes les fonctions des ordres, et enfin s'instruire de toutes les autres choses nécessaire aux ecclésiastiques. Il sont logés et nourris pendant ce temps-là, et il en résulte un tel fruit, par la grâce de Dieu, qu'on a vu que tous ceux qui ont fait ces exercices mènent ensuite une vie vraiment ecclésiastique, et même la plupart d'entre eux s'appliquent d'une manière toute particulière aux œuvres de piété, ce qui commence à être manifeste au public.

1. Ces exercices commencèrent à Beauvais en 1628. Saint Vincent les établit peu après à Saint-Lazare. L'ordonnance dont il est question dans cette lettre est du 21 février i63i.

Page 1