‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 29 sur 267 · A M. DU COUDRAY · texte numérisé non relu

A M. DU COUDRAY

PRÊTRE DE LA MISSION, A ROME

De ranion avec ua« aatre communauté, «t des conditions de cette union.

17 janvier 1634.

Que vous dirai-je dç ces ecclésiastiques de Provence ? Vous avez vu, par la lettre qu'ils m'ont écrite, comme ils se sont liés à la Congrégation du P. Paul de Mata qu'ils me mandent avoir même dessein que nous ; que si nous voulons nous unir, qu'ils y pourront entendre et venir avec un de la Congrégation du R. P. Paul en cette ville pour conférer ensemble. Je loue Dieu de ce qu'il a agréable de susciter en ce siècle tant de bonnes et saintes âmes pour l'assistance du pauvre peuple, et le prie de toute l'étendue de mon cœur qu'il bénisse les desseins de ces saints ecclésiastiques et les fasse réussir à sa gloire.

Quant à l'union, elle est à désirer ; mais les unions requiè-

rent même fin, mêmes moyens et encore même esprit. Quoiqu'on ait les mêmes desseins, on ne laisse pas de se désunir. Tous les ordres de TÉglise ont même fin, qui est la charité ; et, faute d'avoir les mêmes moyens, ils ne s'accordent pas toujours : un ordre a même fin, mêmes moyens et même esprit, et il ne laisse pas souvent d'avoir des désordres. Je dis ceci. Monsieur, afin que vous voyiez combien il importe, M nous nous unissons, que nous ayons même fin, mêmes moyens, même esprit, et que devant de nous unir, nous soyons réciproquement informés de nos prétentions, des moyens d'y parvenir, et si nous avons un même esprit. Or, pour en être informés, ils ont raison de proposer de nous voir. S'ils nous font cette charité. Dieu sait de quel cœur nous les recevrons, et combien bonnement et simplement nous y procéderons.

Je fais réponse à ce bon ecclésiastique, vous la verrez; et s'il est en la même disposition qu'il m'a mandé, et que le P. Paul y soit aussi, vous la lui baillerez; mais s'il n'y est point, vous ne la baillerez pas, et s'il y est et que le P. Paul n'y veuille pas entrer, vous verrez s'il sera expédient de la lui bailler. Si véritablement ils désirent s'unir à nous, tendre à même fin, prendre nos moyens, et envoyer quelques-uns ici pour en prendre l'esprit, je pense qu'il n'y aurait rien à redire.

P.-S. Je viens de me ressouvenir d'une grande faute dont je ne me suis pris garde que trop tard, c'est que, dans l'exposé de nos bulles, on parle injurieusement, ce me semble, des curés. Quel moyen d'y remédier ? Je vous prie de vous en informer, et faire ôter cela.

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