‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 56 sur 267 · A MADAME DE CHANTAL · texte numérisé non relu

A MADAME DE CHANTAL

Reconnaissance et confiance qu'il lui témoigne au sujet de ses missionnaires; intérêt

quMl prend i son œuvre.

Paris, 26 août 1640.

Ma très digne et très chère Mère,

Mon Dieu ! que mon cœur est attendri de voir la bonté avec laquelle votre incomparable charité procède avec ses pauvres enfants les missionnaires ! O Jésus I qu'ils sont heureux et que j'espère qu'ils en feront un grand profit ! Au nom de Notre-Seignenr, ma digne Mère, continuez-leur la même charité, et à votre chétif fils et serviteur la part que sa bonté lui a donnée dans votre cher cœur.

J'ai écrit amplement à M. Escart, il y a environ un mois, touchant ce que votre charité me fait l'honneur de me mander que je lui devais écrire, et j'espère qu'il a reçu ma lettre et qu'elle aura fait effet sur son esprit, si ce n'est que la tentation ait fait de trop fortes impressions en son imagination. Le sujet de la visite de sa sœur est considérable, mais parce qu'elle choque une maxime que nous avons de ne pas visiter nos parents, je le prie de différer jusqu'à

quelque occasion qu'il y pourra aller chemin faisant, allant ou venant.

Pour M. Duhamel, je lui écris que, s'il ne pense pas que sa résidence à Rome avec un de nos missionnaires ou à Alet avec ceux qui y sont, lui donne du repos, in nomine Domîm\ qu'il s'en retourne chez lui en cette ville, et qu'après avoir passé quelque temps chez lui, nous nous pourrons voir. Il a l'esprit naturellement inquiet, et n'aura jamais de repos, en quelque condition qu'il soit. Une bonne et sainte dame à laquelle il avait une grande confiance m'a dit avant de mourir", qu'il était perdu s'il abandonnait sa vocation*, je ne pense pas qu'elle a voulu dire par le vice, mais par un accident auquel elle prévoyait qu'il tomberait.

Que dirai -je à votre cher cœur du bon monsieur le commandeur, ma chère Mère ? O Jésus ! il n'a pas seulement la moindre peine du monde. Je dis la moindre de ce que votre charité nous a écrit sur le projet d'un visiteur des maisons de la Visitation ; et certes, ma très digne Mère, je vous assure de la même chose pour mon particulier. La raison en est que ni lui ni moi, ne cherchant en cela que la volonté de Dieu, et croyant qu'elle nous serait manifestée par celle de notre digne Mère, à tous deux, je puis vous assurer, ma très aimable et chère Mère, que nous n'avons pas eu la moindre pensée du monde contraire à la vôtre, je dis la moindre. Et je pense, ma chère Mère, que je puis .vous assurer de la même chose de notre Mère de la ville ^, et que nous sommes demeurés aussi en paix que si Notre-Seigneur nous avait dit de lui-même ce que vous nous écrivez; et c'est ce qui m'a fait voir que l'on n'y a cherché que la pure, gloire de Dieu. Depuis que je suis au

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