La très honorée mère Anne-Marguerite Guérin
2. La sainte mère de Chantai^ eh son dernier voyage en France. Elle mourut le i3 décembre suivant.
3. La mère Anne-Thérèse de Préchonnet, qui^ pour différentes affaires de l'Institut^ était allée trouver la sainte mère de Chantai, à Paris.
mère lui avait dit que les révérendes mères carmélites voyaient dans leurs chambres et dans leur jardin comme elles voyaient dans celles des carmélites ; qu'elle vous désire donner toutes les satisfactions qui lui seront possibles, pour ce qu'en vérité vous êtes sa bonne mère, et qu'elle vcms écrivait.
Voilà, ma chère Mère, ce qui s'est passé ; plût à Dieu que je fusse digne de rendre quelque petit service à votre saint ordre, plus grand que celui-ci ! sa bonté sait l'affection que je lui porte et la dilection qu'il me donne pour ma chère Mère, que je chéris incomparablement, et que je désirerais voir retourner à son gîte, si je n'avais peur de souhaiter quelque chose contre la volonté de Dieu, qui vous gouverne par sa providence toute particulière. Et ce qui me fait modérer l'affection trop sensible que j'en avais, ce fut la lecture qui s'est faite ces jours passés à notre réfectoire, où il est rapporté qu'un frère jésuite espagnol, ayant vieilli dans quantité de grands et signalés services qu'il avait rendus à Dieu aux Indes, il fit instance vers ses supérieurs à ce qu'il lui fût permis de retourner mourir en son pays et de n'y faire autre chose que de se préparer à bien mourir. Ce qui lui ayant été accordé, et lui étant revenu en son pays et étant un jour au pied du crucifix en oraison, il lui fut reproché intérieurement et si âprement qu'il avait mal fait d'abandonner cette nouvelle Église, qu'il avait aidé à fonder, qu'il n'eut point de repos jusqu'à ce qu'après plusieurs instances qu'il fit vers ses supérieurs pour le renvoyer aux Indes, ils l'y renvoyèrent enfin; et y étant, il recommença à travailler avec autant d'ardeur que sa caducité lui permettait, et mourut enfin comme il avait vécu, en odeur de sainteté. Et c'est, ma chère Mère, ce qui m'a fait offrir à Dieu la disposition de votre personne, pour les lieux et en la manière qu'il le trouve plus expédient pour sa gloire.
— io8 —
L'on nous a dit que le bon monseigneur de Troyes est malade ' ; mon Dieu, ma chère Mère, que cela m'a touché, et que Je prie Notre-Seigneur de bon cœur qu'il conserve ce saint prélat, et qu'il le sanctifie de plus en plus ! Je lui fais la même demande pour vous, ma chère Mère, à qui je recommande ce pauvre misérable, et le plus grand de tous les pécheurs ; je fais la même de cette pauvre petite Compagnie, qui suis, en Tamour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, etc.