A LA SŒUR FRANÇOISE MESNAGE
FILLE DE LA CHARITÉ, A NANTES
Il lui dit qae, si elle ue peut faire une retraite préparatoire au renouvellement des vœux, elle y supplée par un plus grand recueillement, et soit tranquille.
Paris, 29 septembre 1657.
Ma sœur,
Vos lettres me consolent parce qu'elles me font voir que vous êtes bien à Dieu, et que vous voulez vous donner à lui de plus en plus, dont je remercie sa divine bonté. J'espère qu'un de nos prêtres passera bientôt par Nantes; vous lui proposerez le renouvellement que vous désii;ez faire, et j'espère que, s'il est de cet avis. Dieu aura bien agréable cette aaion.
Il serait à souhaiter que vous fissiez une petite retraite pour vous y disposer, ainsi que vous le proposez, puisqu'il y a longtemps que vous n'en avez fait; vous lui en parlerez aussi, mais Je crains bien que vous ayez trop de malades, et que cela vous empêche. En ce cas, il faudra user d'une plus grande récollection pour vous unir à Dieu gar de fréquentes élévations de votre esprit, et par un entier abandon de votre cœur entre ses mains. La pratique dé la charité, quand elle est nécessaire, comme celle d'assister les membres affligés de Notre-Seigneur, est préférable à tout autre exercice. C'est pourquoi, ma sœur, vous ne devez pas vous mettre en peine de la retraite, ni des autres usages de la Compagnie, si vous ne les pouvez faire commodément. Cherchez Dieu en toutes vos actions, et ne doutez pas qu'il les ait agréables. Je le prie qu'il vous bénisse. Recommandez-moi aux prières de toutes vos sœurs, que je salue cordialement. Je suis, en Notre-Seigneur, etc.
4o3. — A M. L'ABBÉ DE SAINT-JUST,