GRAND VICAIRE DE LYON
II énumèrc les inconvénients qu'il y aurait si une autre Compagnie prenait le nom
de la Mission.
5 octobre 1657.
Monsieur,
La bonté que Notre-Seigneur vous a donnée pour nous me fait prendre la confiance de vous donner avis d'une difficulté qui se rencontre dans la poursuite cjue fait ici M. de..., pour obtenir des lettres patentes sur l'érection de la Compagnie que Mgr l'archevêque de Lyon a faite en son diocèse, pour l'employer sous le nom de Prêtres de la Mission. Et parce que notre chétive Compagnie porte aussi le nom de la Mission, et que cette ressemblance de noms est sujette à beaucoup de fâcheux inconvénients, j'ai fait représenter à M. le chancelier nos petites difficultés sur' cela, en attendant que j*eus$e l'honneur de vous en écrire, étant assuré que Mgr l'archevêque n'a pas dessein de faire une bonne œuvre pour nuire à une autre. Voici deux ou trois inconvénients qui sont déjà arrivés avec une autre Compagnie qui porte le même nom, et qui pourront arriver ici. Mgr l'évêque de Bethléem ayant établi une pareille Compagnie % douze ou quinze ans après la nôtre, qu'il nomma du commencement Prêtres du clergé^ et l'ayant fait approuver depuis à Rome sous le nom de Societas presbyterorum sanctissimi Sacramenti ad Missiones, il l'a fait appeler de la Mission. Ensuite de quoi, ayant obtenu du Pape le don de deux collèges à Avignon, de la fondation de quelques Savoyards, et qui étaient pour des écoliers du même pays, il arriva que les Savoyards voyant que les collèges leur étaient enlevés par des missionnaires qu'ils croyaient être de notre corps, les habitants d'Annecy en furent si transportés de colère qu'ils s'attroupèrent