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I. Cétait la Compagnie fondée par Mgr d'Âuthier de Sisgaud

plusieurs fois pour aller jeter dans le lac nos prêtres établis en cette ville-là, qui, pour cette raison, demeurèrent longtemps cachés sans oser paraître; et le sénat de Chambéry n'a jamais voulu vérifier notre établissement en Savoie pour cette raison -là, nonobstant les diverses jussions de Son Altesse Royale.

Un autre inconvénient qui est arrivé, Monsieur, est qu'un bourgeois de Marseille (où cette Compagnie-là a une maison et nous une autre) ayant donné par son testament aux Prêtres de la Mission quelque bien, et étant mort ensuite sans déclarer à quels Prêtres de la Mission y nous voilà sur le point d'entrer en procès pour faire dire à laquelle des deux maisons le legs appartenait.

Outre ces deux inconvénients, en voici un troisième, qui ne vient pas de cette Compagnie-là, mais d'un particulier qui avait travaillé quelque temps, au diocèse de Toulouse, à des missions que feu Mgr l'archevêque fit faire, et qui prenait le nom de missionnaire. Celui-ci, passant à Lyon, visita l'hôpital des malades, et ne le trouvant pas en bon ordre, à son gré, il écrivit une grande lettre à feu Mgr le cardinal de Lyon, lui représentant les dérèglements qu'il pensait avoir trouvés dans cet hôpital, en l'exhortant d'y mettre ordre, ou, s'il ne le faisait pas, il l'appelait au jugement de Dieu, et signa cette lettre de son nom : Barric, prêtre de la Mission. Ce bon seigneur qui se trouva pour lors à Paris, indigné de cette hardiesse, se plaignit hautement de notre Congrégation, croyant que ce prêtre en fût (qui n'en était pas), et fit feu et flammes contre nous : en sorte que, quoique je le fisse assurer par nos amis et que je l'assurasse moimême que cet homme nous était inconnu, il a toujours témoigné son mécontentement dans toutes les rencontres où il parlait de nous.

Voilà, Monsieur, quelques raisons entre plusieurs, pour

lesquelles nous avons cru devoir représenter à M. le chancelier les inconvénients qui sont à craindre ci-après, si cette Compagnie de Mgr de Lyon porte le nom de la Mission.

Nous ne trouvons rien à dire aux règles que ce digne prélat leur a prescrites, qui sont toutes bonnes et saintes, ni qu'il se trouve des prélats qui érigent de pareilles compagnies, et de bons ecclésiastiques qui entreprennent les fonctions que nous pratiquons ; au contraire. Monsieur, nous prions Dieu tous les jours, à la sainte messe, qu'il envoie de tels ouvriers à son Église. Certes, je crois qu'il faudrait renoncer au christianisme pour avoir d'autres sentiments.

La difficulté va donc. Monsieur, à la confusion des noms^ qui fait qu'on impute souvent les faits d'une Compagnie à une autre du même nom, qui en a à souffrir, et qu'il en arrive beaucoup d'autres inconvénients : c'est pour cela que Dieu a mis des différences dans les genres, les espèces et les individus. Un cîron a ses différences avec toutes les autres créatures, en sorte que nulle ne peut être dite ciron, sinon le même ciron, tant il est vrai que la sagesse du souverain Créateur a pris soin de mettre telle distinction entre les choses que l'une ne soit pas l'autre. .

Cela étant, Monsieur, il semble que s'il plaisait à Mgr l'archevêque de donner un autre nom à ces messieurs que de Prêtres de la Mission^ comme de Prêtres de monseigneur r archevêque, ou bien de Prêtres du clergé ou du Diocèse de Lyon, cela conviendrait bien à la chose , puisqu'ils se dévouent à faire toutes les choses ecclésiastiques que mondit seigneur leur ordonnera.

De dire qu'on peut leur donner le nom de Prêtres de mondit seigneur V archevêque^ et ajouter pour être employés aux missions de son diocèse, cela n'empêcherait pas. Monsieur, que les inconvénients qui sont arrivés aux prêtres du Saint-Sacrement, à cause de la clause ad Missiones^ dont

j'ai parlé, n'arrivassent encore entre ces deux Compagnies ici, le nom de Mission s'y rencontrant. Et pourtant il semble que ce sera une chose digne de la sagesse de mondit seigneur de remédier dès ce commencement à ces inconvénients et autres semblables : ce qui sera facile en faisant prendre un autre nom à sadite Compagnie, lui laissant néanmoins tous les exercices qui se font à la Mission.

Que si mondit seigneur n'agrée pas cette proposition , très volontiers nous changerons notre nom de Missionnaires en un autre, si mondit seigneur l'ordonne ainsi, et que cela se puisse, ensuite de quarante ans et plus qu'il y a que cette petite Compagnie a commencé à travailler, et qu'elle a été érigée par Mgr l'archevêque de Paris, confirmée par bulle d'Urbain VIII et du Pape d'aujourd'hui, et par lettres patentes du roi registrées au parlement. Ce sera donc à mondit seigneur d'ordonner ce qu'il lui plaira, et à vous, Monsieur, de nous faire la grâce d'assurer mondit seigneur que j'aimerais mieux mourir que de faire quelque chose qui lui soit désagréable, et qu'au reste nous ferons ce qu'il nous fera Thonneur de nous commander. Je vous dis la même chose en votre particulier, etc.

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