A M. JOLLY
SUPÉRIEUR^ A ROUE
II dit ses inquiétudes au sujet d'un missionnaire de G^nes, dont il n*a pas de nouvelles. — Il dit sa pensée sur un projet de séminaire pour les missions étrangères. — 11 le prie de se charger d'une commission délicate concernant l'évÔque du Puy.
Paris, 12 octobre 1657.
Monsieur,
J'apprends, par votre lettre du i8 septembre, qu'il n'y a plus de peste à Rome, et que ceux qui sont restés dans notre maison désolée de Gênes se portent bien, dont je rends grâces à Dieu; et je le prie qu'il ait agréable de donner la santé aux
villes qui ne l'ont pas, et de la conserver à celles qui l'ont. Lorsque vous m'avez écrit la précieuse mort de ceux que Dieu nous a ôtés à Gênes, vous m'avez parlé de M. Simon comme vivant ; mais j'ai quelque sujet de craindre qu'il ne soit plus à cause que M. Lejuge vous écrit et non lui, et que de mon côté je n'en reçois aucune lettre. Plaise à Dieu de nous en donner quelque bonne nouvelle !
Puisqu'il a plu à Dieu de redonner la santé à Mgr le cardinal Chigi, je me donnerai l'honneur de lui écrire au premier jour.
J'approuve fort votre prudence à ne donner que les anciennes règles à ces bons seigneurs qui vous les ont demandées, sur le dessein qu'on a d'établir un séminaire pour envoyer des ouvriers aux terres infidèles. Ce sera une œuvre très utile, comme je crois; mais pourtant nous ferons bien de ne nous soucier pas beaucoup qu'on pense à nous pour la direction, tant parce que nous ne devons jamais affecter aucun nouvel emploi, que pour les difficultés et les changements qui arrivent en celui-là.
Si Mgr l'évêque de Bergamo continue à nous demander des prêtres pour son diocèse, il faudra tâcher de lui en donner, puisqu'il a la pensée de les y fonder.
Nous avons fait tenir votre paquet à Coulommiers, où était votre procuration pour former opposition au décret des biens de M. Paris, et votre lettre à M. Jaillard pour compter deux cents livres aux religieuses de Montmirail, qui ont de vos nièces en pension. J'ai volontiers consenti à Tun et à l'autre.
Je m'étais proposé de ne vous plus charger des affaires d' autrui, mais en voici une dont je n'ai pu me défendre à cause de son importance et des personnes qu'elle regarde. Mgr l'évêque du Puy ', qui a grande charité pour nous, a été