I. Henri de Maupas du Tour
En même temps quMl était chargé, avec les évêques de belley et de Mau-
délégué du Saint-Siège pour faire l'information de non-culte du grand serviteur de Dieu François de Sales, laquelle il a faite en effet ; et en même temps il a de nouveau composé la vie du même prélat et J'a mise au jour depuis peu. Or on a remarqué dans ce livre plusieurs choses qui ont donné sujet à quelqu'un de la cour romaine de mander aux religieuses de Sainte-Marie d'arrêter leurs poursuites pour la canonisation de leur digne patriarche, jusqu'à ce que ce livre ait été corrigé ou supprimé, ou bien qu'on ait annulé la commission de mondit seigneur du Puy. Je vous envoie le mémoire de ces remarques-là, dont les plus notables sont que ledit seigneur évêque de Genève est traité dans ledit livre de bienheureux plus de quatre cents fois, et du titre de saint plus de quatre-vingts. En quoi il semble que l'auteur ait contrevenu non seulement à l'intention de sa commission, mais à la défense expresse d'un décret d'Urbain VIII. Il est question à présent de savoir si, pour ces fautes, il y a lieu que le Saint- Siège révoque la commission qu'il a donnée à mondit Mgr du Puy, et annule l'information qu'il a déjà faite et qu'il est sur le point de porter à Rome ; et en ce cas-là, ce qu'on estime qu'il faudrait faire pour éviter cette fâcheuse cassation et nullité : par exemple, s'il doit réformer son livre, ou le supprimer ' tout à fait, ou s'il doit prévenir le Pape pour lui remettre sa commission ; et enfin ce qui semble le plus expédient, tant pour conserver l'honneur et la réputation d'un si bon prélat, qui n'a failli qu'en pensant bien faire, que pour avancer la canonisation du bienheureux. Je vous prie. Monsieur, de con-
rienne^ des informations canoniques pour la béatification de Pévéque de Genève, Mgr de Maupas publiait sa Vie, dans laquelle il le qualifiait de saint. — Les jansénistes s'emparèrent de cela et prétendirent qu'on n'observait pas le non-culte. Il fallait donc faire disparaître tous les exemplaires de cette Vie pour assoupir TafFaire, ce qui demanda du temps^ et la béatification fut annoncée par un bref du 28 décembre 1661. :. Le livre fut tout à fait supprimé.
sulter sur cela quelques personnes qui soient fort intelligentes et expérimentées en ces matières, et de me mander au plus tôt leurs avis. Mais il faiit que cela se fasse le plus secrètement qu'il sera possible de leur part et de la vôtre. Je vous en prie de tout mon cœur, qui suis de même, en celui de Notre- Seigneur, etc.
4o5. — A Mm^ la duchesse DE LIANCOURT.
Il lui expose les mesures prises à ia suite de la mort de la fondatrice de l'œuvre de la Providence, et la prie de vouloir bien continuer à en être la bienfaitrice.
i8 octobre 1657.
Madame,
Je vous fais ici un renouvellement de mon obéissance perpétuelle et à M. le duc de Liancourt, en votre personne, et cela avec toute l'humilité et Taffection que je le puis. Je vous supplie très humblement. Madame, de Tavoir agréable, et que Je me donne Thonneur de vous entretenir de Tœuvre de la Providence de Dieu, que feu M"' Pollalion ' avait promue, et que vous. Madame, avez soutenue et protégée de vos bienfaits et de votre autorité, en qualité de dame insigne bienfaitrice, qui est autant à dire que fondatrice de cette bonne œuvre, ainsi que les 'règles de cette œuvre approuvées de Mgr l'archevêque le déclarent.
Vous avez pu savoir. Madame, le décès de cette bonne servante de Dieu, et comme peu de jours après on s'assembla chez M"* la duchesse d'Aiguillon, là où M"' de Brienne, M"' Viole, M. Duplessis, M. Droùart et moi nous trouvâmes, pour voir s'il était expédient que l'on entreprît de soutenir et . de régler cette œuvre-là, et (supposé qu'il le fallût) comme quoi il s'y fallait prendre. Or le résultat fut, après avoir fait
X. M"« Pollalion, institutrice des Filles de la Providence, née à Paris le 29 novembre i5gg, mourut en odeur de sainteté le 4 septembre lôSy.
lecture desdites règles approuvées, qu'on tâcherait de soutenir cette bonne œuvre et de la diriger selon Tintention desdites règles; que Ton convoquerait une assemblée de mesdites dames insignes bienfaitrices, censées fondatrices de cette œuvre ( dont la reine est la première , vous , Madame, M"* la chancelière. M"** de Seneccy, mesdites dames d'Aiguillon et de Brienne), pour traiter de cette affaire et commencer l'harmonie de cette conduite pour la perpétuer avec l'aide de Dieu (qui vous a choisie des premières. Madame, avec feu M"' la marquise de Maignelay, et lequel vraisemblablement veut que vous soyez, pour le temps et l'éternité, l'un des principaux instruments dont il s'est servi pour conserver la pureté et la sainteté à plusieurs vierges, qui adoreront et glorifieront sa divine bonté dans le temps et l'éternité, et qui peut-être l'offenseraient et le maudiraient sans cela) ; et cependant qu'on se transporterait à la Providence pour tâcher de donner ordre aux affaires plus pressantes, et pour se défaire des religieuses qui y étaient, des pensionnaires et des filles de la communauté qu'on pourrait, et à réduire le nombre à quarante, si l'on pouvait, sauf à l'augmenter fait à fait qu'il y aurait de quoi.
Et effectivement l'on y a travaillé, en sorte que plusieurs pensionnaires se sont retirées, comme aussi quatorze ou quinze filles, que les parents ont retirées, de sorte que le nombre des personnes de cette maison est réduit à environ quatre-vingts. Et pour ce que mesdites dames ont jugé à propos que je me donne l'honneur de vous donner avis de tout cela, je le fais, Madame, avec la joie que votre bonté peut penser, et c'est. Madame, à trois fins : l'une, qu'il vous plaira de mander si vous avez agréable d'honorer cette bonne œuvre de la continuation de votre protection, et cela posé, si vous avez agréable. Madame, de vous rendre en cette ville un jour de la semaine prochaine, et au cas que vous ne le
puissiez pas, d'envoyer une procuration en blanc portant permission à celle du nom de laquelle vous aurez agréable que le blanc soit rempli, de déclarer que vous désirez continuer l'assistance que vous avez donnée à cette maison-là jusques à maintenant, depuis le commencement de son institution, en qualité de bienfaitrice de cette maison-là, ou pour le moins d'écrire conformément à cela. Voilà, Madame, le sujet de la présente, etc.