‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 112 sur 294 · A M. CABEL · texte numérisé non relu

A M. CABEL

PRÊTRE DE LA MISSION, A SEDAN

II lui recommande les fils de Tintendant de la maison du duc de Richelieu, et le prie

de veiller à ce qu'ils demeurent bons chrétiens.

Paris, 2 novembre 1657.

Monsieur, M. Desmarest, intendant de la maison de Mgr le duc de Richelieu, est un des plus hommes de bien que je connaisse au monde, de sa condition, et qui a grande charité pour nous. Il a deux de messieurs ses enfants à la citadelle de Sedan, et il désire qu'à son imitation ils soient bons serviteurs de Dieu, aussi bien que du roi. Je vous prie. Monsieur, de les voir de temps en temps, de les servir à ce que vous pourrez, et de les aider à vivre chrétiennement, même de les disposer à communier tous les mois, si monsieur le marquis, qui en prend un soin particulier, ne juge à propos que ce soit plus rarement; car peut-être qu'il trouvera inconvénient que des personnes de cette profession reçoivent si souvent le saint sacrement. Vous agirez en cela selon son avis et votre prudence. Tant y a. Monsieur, vous les regarderez comme enfants d'un bon et sage père, à qui nous avons obligation, et contribuerez tout ce que vous pourrez à ce qu'il reste satisfait de leur conduite ; et lorsque vous ne pourrez pas vous appliquer à eux, vous les recommanderez à M. Michel ou à M. Sevan. C'est la prière que je vous fais avec toute la tendresse de mon cœur, et qui suis de même, en Tamour de Notre-Seigneur, etc.

4o8. — A M. JOLLY,

SUPÉRIEUR^ A ROUE

II demande à Dieu de donner bénédiction à ses missionnaires qui travaillent dans la campagne. — Il lui communique un projet de séminaire pour les missions étrangères dont le nonce lui a parlé.

Paris, i6 novembre lôSy.

Monsieur,

J'ai reçu hier votre lettre du 22 octobre. Nous attendons la réponse de Mgr le cardinal Bagny pour exécuter le commandement qu'il plaira au Pape de nous faire sur l'envoi de deux prêtres en Irlande et en Ecosse.

Plaise à Dieu de bénir les travaux de vos missionnaires qui sont allés à la campagne pour faire que Notre-Seigneur y soit connu et servi. J'approuve fort que vous y ayez envoyé le prêtre de la Congrégation de propaganda Jide ^ et je rends grâces à Dieu de la pensée qu'il a donnée à notre Saint-Père de faire exercer aux fonctions ecclésiastiques ceux de ce collège avant de les envoyer aux missions étrangères.

Mgr le nonce m'a fait l'honneur de me dire que Sa Sainteté désire avoir des ecclésiastiques, à Rome, qui soient toujours prêts d'aller partout où elle jugera à propos de les envoyer pour la propagation de la foi ; et pour cela elle veut établir un séminaire où ils soient élevés dans cet esprit. Elle a donc mandé audit seigneur nonce de voir s'il se trouvera à Paris des prêtres disposés à ce dessein, et lui m'a dpnné charge d'en chercher. Je lui ai répondu que, la proposition étant très importante, il y fallait penser sérieusement et que je m'y emploierais volontiers. Mais il a reconnu, et moi avec lui, qu'il se trouvera assez de personnes qui accepteront la condition pour aller à Rome et y passer quelque temps aux dépens de ce séminaire, mais il y en aura peu qui soient si dégagés que de s'abandonner aux voyages, aux emplois et aux périls qui leur seront marqués, lorsqu'ils viendront au fait et au pren-

dre; et voilà la difficulté. Il ne faut pas laisser de contribuer, en ce que nous pourrons, à cette sainte entreprise. Peut-être que c'est de cette affaire que le secrétaire de la sacrée Congrégation me doit écrire ; nous verrons. Je trouve qu'on a eu raison d'exclure la Compagnie de la direction de ce séminaire, à cause de la nationalité; car les Français qui y entreront pour y être élevés, pourraient, avec le temps, implorer la protection du roi pour éviter d'aller ou de faire ce qui serait requis, d'autant plus facilement qu'ils seraient conduits par d'autres Français; et de plus, à cause que les Espagnols et d'autres nations auraient peine de se soumettre à eux.

Je trouve très bien que vous envoyiez M. de Martinis à Turin avec M. Bonnet, lorsque les passages seront ouverts.

Les lettres de Gênes continuent à passer. J'en reçus deux la semaine passée, et voici que je viens d'en recevoir d'autres.

J'ai envoyé au R. P. provincial de la Merci celle que vous m'avez adressée. Il nous avait donné un peu auparavant le paquet ci-inclus, et il m'a mandé qu'il m'en enverrait un second que j'attends : le voici.

Mgr l'évêque de Pamiers, qui (ayant fait les entretiens de la dernière ordination) nous a fait l'honneur de rester céans, m'oblige de vous adresser une lettre pour le Pape, que le clergé de France lui écrit, et un petit mot que l'un de MM. les agents généraux vous envoient, pour vous prier de la présenter à Sa Sainteté. Voici aussi un billet de ce bon prélat. Je vous prie de faire ce qu'il contient, et de me faire réponse. C'est un des meilleurs évêques du royaume. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.

P.S, Vous honorerez le silence de Notre-Seigneur , s'il vous plaît, à l'égard de ce que je vous dis que Mgr le nonce m'a proposé.

Page 1