A M. CABEL
SUPÉRIEUR, A SEDAN
le félicite du rétablissement d*un missionnaire , et compatit aux souffrances du plus grand nombre. — Il le prie d*être plus bref dans ses prédications. -~ L'humilité tirera bénédiction sur sa conduite, qui doit être douce et ferme. -~ Il regrette que anvreté de Saint-Lazare ne lui permette pas d'aider le père d'un missionnaire.
Paris^ 17 novembre lôSy.
Monsieur,
J'aurais été grandement affligé de la maladie de notre frère Sirven si en même temps vous ne m'aviez mandé qu'il se porte mieux, dont je rends grâces à Dieu; et je le prie qu'il conserve une personne qui non seulement est utile à la Compagnie, mais (à ce que j'apprends) à la ville où il est et aux environs. Je vous remercie des soins que vous en avez.
Je me donnerai l'honneur d'écrire à M. le gouverneur, pour les fins que vous me marquez, au premier loisir que Dieu me donnera; car il faut que ce soit de ma main.
Je compatis beaucoup aux souffrances de votre famille où plusieurs sont incommodés, ce que j'attribue à leurs grands travaux; mais bienheureux sont-ils de souffrir pour la justice; car c'est en servant Dieu, et pour sauver les âmes pour lesquelles Notre-Seigneur est mort, qu'ils se sont faits malades. Plaise à sa divine bonté de les rétablir en leurs premières forces, et de vous faire à tous la grâce de les employer à son honneur, et d'aller croissant de vertu en vertu pour rédification de son Église !
J'ajoute mes prières aux avertissements qu'on vous a faits de n'être plus si long en vos prédications. Nous voyons par expérience que telles longueurs en empêchent le fruit, et ne servent qu'à exercer la patience des auditeurs, au lieu qu'un discours bref et pathétique est souvent suivi de bons effets.