‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 124 sur 294 · A M. DURAND · texte numérisé non relu

A M. DURAND

SUPÉRIEUR, A AGDE

Il lui trace sa ligne de conduite soit avec ses confrères, soit quand on lai propose quelque chose qui n'est pas conforme à la fin de Tlnstitut.

Paris, !«' mars i658.

Monsieur,

Vivez avec vos confrères cordialement et simplement, en sorte qu'à vous voir ensemble on ne puisse pas juger qui est le supérieur. Ne résolvez rien pour les affaires, tant peu qu'elles soient considérables, sans prendre leurs avis, particulièrement de votre assistant. Pour moi, j'assemble les miens quand il faut résoudre quelque difficulté de conduite, soit pour les choses spirituelles et ecclésiastiques, soit pour les temporelles; et quand il s'agit de celles-ci j'en confère aussi avec ceux qui en prennent le soin; je prends même avis des frères en ce qui touche le ménage et leurs offices, à cause de la connaissance qu'ils en ont. Cela fait que Dieu bénit les résolutions qui se prennent ainsi par concert. Je vous prie de vous servir de ce moyen pour bien faire votre charge.

Si Ton voulait vous obliger à faire des choses qui ne sont point de la fin ni de l'usage de notre institut, vous représenterez avec respect vos raisons aux personnes qui vous sont supérieures; que si on ne les écoute point, vous demanderer au moins du temps pour y penser et pour avoir le loisir de recevoir notre avis là-dessus, afin de ne rien gâter. Si on vous presse et que vous ne puissiez faire autrement : in nomine Domini^ faites. Il y aura apparence pour lors que c'est la volonté de Dieu, à moins que votre salut ou celui des autres n'y

fût en quelque danger; ce que Ton ne doit pas craindre ordinairement quand on ne s'ingère pas de son mouvement dans les emplois où il y a du péril.

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