A M. DUPONT
SUPÉRIEUR, A TRÉGUIER
Il lui dit de ne pas recevoir de postulant sans l'agrément du Supérieur généra], auquel il doit faire connaître les qualités physiques et morales du sujet.
Paris^ 16 mars i658.
Nous n'avons encore donné à personne permission de nous adresser les postulants qu'ils jugeront propres pour la Compagnie, sans nous les proposer auparavant et en avoir reçu notre réponse; et je pense que vous ne devez pas la désirer pour vous, à cause du déplaisir que vous auriez d'en voir renvoyer quelques-juns que nous ne trouverions pas avoir les qualités requises, et qu'ils auraient eux-mêmes sujet de se plaindre d'avoir fait un voyage inutile. 11 ne faut pas aussi, quand quelqu'un se présente, l'envoyer sans l'avoir éprouvé quelque temps, pour bien qu'il paraisse homme fait et bien intentionné; et, pendant cette épreuve, vous pouvez nous mander son nom, son âge, sa condition, ses études; s'il a père et mère, s'ils sont pauvres ou accommodés ; s'il a son titre ou moyen de l'avoir; s'il a pratiqué la vertu par le passé, ou s'il a été débauché ; quels motifs il a de quitter le monde et de se faire missionnaire; s'il a l'esprit bien fait, le corps bien composé et bien sain, s'il a la parole libre, les yeux bons, et enfin s'il est disposé à tout faire et à tout souîTrir, et à aller et venir partout pour le service de Dieu, selon qu'il lui sera marqué
par la sainte obéissance. Car il les faut sonder sur tout et les avertir (avant de leur rien promettre) des difficultés qu'ils pourront trouver au séminaire, et ensuite dans les emplois et dans notre manière de vie.
Nous penserons à l'ouverture que vous me faites d'établir un séminaire interne à Saint-Méen pour les postulants de Bretagne. Vous m'avez fait plaisir, etc.