A Mo» LE CARDINAL BRANCACCIO
Il lai annonce un envoi de livres. — Il lui exprime sa reconnaissance pour ses bontés,
et le prie d'agréer l'offre d'un bréviaire.
Paris, 8 avril i658. .
Monseigneur,
Je me sens extrêmement honoré de ce que Votre Éminence a eu agréable de s'a4resser à nous pour lui acheter et envoyer les livres ci-inclus; c'est le moindre service que nous lui puissions rendre, puisque, quoique nous fassions, nous ne pourrons jamais lui rendre ce que nous lui devons pour la bienveillance et la protection dont elle nous honore en toute occasion. Je voudrais bien, Monseigneur, faire connaître à Votre Éminence les sentiments de reconnaissance que j'en ai et toute notre petite Compagnie, en témoignage de laquelle je la supplie très humblement d'avoir agréable le petit présent que je lui fais d'un bréviaire de Tîmpression du Louvre, en quatre parties, qui est assez estimée pour être nette et fort correcte, et rare en quelque façon, à cause qu'on n'en trouve plus à vendre. C'est peu de chose. Monseigneur, pour être présenté à une personne d'une si éminente condition; mais j'ai cru que Votre Éminence considérerait non tant la chose en soi que l'affection très grande avec laquelle la présente celui qui est, Monseigneur, votre, etc.
I. Nicolas Senaux, né le 9 mai 1619 dans le diocèse de Rouen; reçu à Paris le 22 juin i63q. Il avait été ordonné prêtre le 26 février 1644.
- 333 — ■ 425. — A M. DUPUICH,
SUPÉRIEUR, A TROYES
il lui envoie, malgré ses instances, la patente de supérieur.
PariSy 10 avril i658.
Monsieur,
Tant s'en faut que les raisons que vous apportez pour vous décharger de la supériorité nous fassent jeter les yeux sur un autre ; elles nous confirment dans la résolution de vous la donner tout à fait. La vue que vous avez de vos défauts et de votre incapacité doit servir à vous humilier, comme vous faites, et non à vous décourager sur ce que Notre-Seigneur veut faire : il a assez de suffisance pour vous et pour lui. Laissez-le conduire, et ne doutez pas que, demeurant dans les humbles sentiments où vous êtes, et ayant une spéciale confiance en lui, sa conduite sanctifie la vôtre : je l'espère de sa bonté et du saint usage que vous faites de ses grâces. Dans cette espérance, je vous envoie la lettre par laquelle vous êtes établi le supérieur de la famille ; vous lui en ferez la lecture, afin que désormais elle vous regarde en Notre-Seigneur, et Notre-Seigneur en vous, ainsi que je l'en prie, etc.