A M. RIVET
SUPÉRIEUR, A SAINTES
II lui demande d'exposer à Mgr Tévëque les motifs que nous avons de ne pas
nous charger des religieuses.
7 juillel i658.
Monsieur,
Vous avez bien fait de représenter à Mgr de Saintes les raisons que vous avez pour être dispensé du service des religieuses. Il y a tant d'autres moyens de subvenir aux besoins de celles de Notre-Dame, que je ne puis m'imaginer qu'il veuille en charger votre famille, toujours appliquée au service du diocèse, surtout si vous lui représentez humblement et affectionnément que nous avons pour règle de ne nous mêler nullement des religieuses, et que même nous avons Texpérience que ceux qui se donnent à elles ne peuvent quasi vaquer à autre chose. Ce qui a fait que, prévoyant dès le commencement les choses capables de détourner la Compagnie de ses fonctions, on estima nécessaire de se garder de toute sorte de communication avec ces personnes-là, à quoi elle a été assez exacte. Il est vrai que, pour mon particulier, je suis dans la pratique contraire, ayant soin des filles de Sainte-Marie ; mais il faut savoir que je Tavais avant que la Mission fût établie, m'ayant été imposée par le bienheureux
évêque de Genève, ou plutôt par la providence de Dieu, pour mon châtiment; car c'est une croix pour moi, et la plus pesante que j'aie, laquelle je suis contraint de porter, après avoir fait plusieurs efforts pour m'en décharger. J'espère donc que monseigneur votre bon prélat, étant bien informé de notre usage, des motifs que nous avons de nous éloigner des religieuses et des inconvénients du contraire, ne vous obligera pas de les approcher : j'en prie Notre-Seigneur, etc.