‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 138 sur 294 · A LA FÈRE · texte numérisé non relu

A LA FÈRE

Il ne peut le recevoir dans la Compagnie, d'abord à raison de son âge trop avancéf

puis parce qu'il est marié.

10 juillet i658.

Monsieur,

Je rends grâces à Dieu du sacrifice que vous lui voulez faire de votre personne, et je vous remercie très humblement du choix que vous faites de notre Compagnie pour vous y consumer au service de sa majesté.

Ce nous serait bonheur et consolation de vous y voir exercer votre piété et votre patience ; mais je dois vous dire, Monsieur, que nous avons pour maxime de n'y recevoir que des jeunes gens pour travailler; et comn^e vous êtes hors d'âge pourvaquer aux emplois que nous leur donnons, nous avons sujet de croire que Dieu ne vous y appelle pas.

Il est vrai que nous y avons reçu autrefois deux personnes de condition bien âgées, mais c'est que l'une était le beaufrère de notre fondateur, et que Tautre nous a fait des biens considérables avant et depuis qu'il est parmi nous. Et ainsi nous avons été obligés de les excepter de la règle générale ; aussi n'étaient-ils pas mariés comme vous. Monsieur, qui avez mademoiselle votre femme avec vous, et qui avez par conséquent un double empêchement.

De dire qu'elle se retirera parmi les filles de M"" Le Gras, c'est chose qui ne se peut espérer de leur part non plus que de la nôtre, qui n'avons jamais reçu ni en l'une ni en l'autre communauté que des personnes libres et de disposition à faire ce que les autres y font. Je vous supplie très humblement de nous excuser.

Je prie Notre-Seigneur qu'il vous fasse connaître le lieii et la manière dont il veut que vous le serviez pour assurer votre salut. Ne craignez point qu'il prenne soin de vous et.de ce qui vous touche, si véritablement vous cherchez sa gloire, comme j'en suis persuadé. Confiez-vous en sa grande bonté et offrez- vous souvent à elle, afin qu'elle accomplisse en vous et par vous son bon plaisir. Si quelque autre occasion se présentait où je fusse en état de vous servir, je le ferais avec la même affection que je suis, etc.

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