A M. DALTON
PRÊTRE DR LA MISSION, A TROYES
11 le félicite de ses bonnes dispositions et l'autorise à faire les saints vœux.— Il exprime son regret de ne pouvoir venir au secours des pauvres Irlandais qui sont i Troyes.
Paris, 2 novembre i658.
Monsieur,
Je m'étais proposé, après votre lettre reçue, de vous faire réponse au plus tôt ; mais je ne l'ai pu. Je ne puis vous exprimer la joie que j'ai de la disposition que Dieu vous donne pour lui faire votre oblation dans la Compagnie sans aucune réserve, avec indifférence pour tous les pays du monde, et avec toute sorte de soumission à la sainte obéissance et à la volonté de Dieu qui vous sera signifiée par vos supérieurs. C'est ainsi que parlent et que font les âmes vraiment apostoliques, qui, s'étant consacrées pleinement à Dieu, souhaitent que Notre-Seigneur son Fils soit connu et servi également par toutes les nations de la terre, pour lesquelles il est venu lui-même au monde, et voudraient comme lui travailler et mourir pour elles. Voilà jusqu'où le zèle des missionnaires doit s'étendre. Car, bien qu'ils ne puissent pas aller partout, ni faire le bien qu'ils désirent, toutefois ils font bien de le désirer, et de s'offrir à Dieu pour lui servir d'instruments de la conversion des âmes, au temps, au lieu et en la manière qu'il lui plaira. Peut-être il se contentera de leur bonne volonté, et peut-être aussi que, si cette bonne volonté est bien
I. M. Philippe Dalton, né à Gulîny, diocèse de Cashel, en Hibernie; reçu à Paris le 16 mai i636, fît les vœux à Troyes, le 11 novembre i658*
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grande et bien pour sa gloire, il se servira d'eux, quoiqu'ils ne soient que de petits ouvriers, pour de grandes choses. Je ne vois rien qui les rende plus semblables à Notre-Seigneur ni plus dignes de ses bénédictions.
Faites donc vos vœux. Monsieur ; faites-les quand il vous plaira, en la présence de M. Dupuich. Je prie Notre*Seigneur qu'il ait agréable de les recevoir, et de se donner plus intimement à vous, afin que vous puissiez vous donner plus parfaitement à lui.
Je voudrais bien procurer quelque assistance à ces braves gens de votre pays qui sont à Troyes dans la disette et la souffrance ; mais je ne sais à qui m'adresser. Les dames de la Charité de Paris, qui les ont autrefois secourus, n'envoient quasi plus rien sur les frontières ni ailleurs, parce qu'elles ne trouvent plus d'argent ; et ainsi je n'ose leur proposer de nouvelles charités à faire, persuadé que ce serait sans effet.
Nous avons fait ce que vous avez désiré à l'égard de ce bon prêtre venu d'Hibernie que vous nous recommandiez.
Je me recommande à vos prières, et suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.