‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 175 sur 294 · A UN ÉVÊQUE · texte numérisé non relu

A UN ÉVÊQUE

Il déclare ne pouvoir, en conscience, permettre l'entrée du monastère de la Visitation, sans une vraie nécessité, à moins que Tévêque ne lui en donne Tordre.

3o mars lôSg.

Monseigneur,

Votre autorité et les raisons que vous me faites l'honneur de me dire touchant l'entrée des dames de Bouillon à Sainte- Marie me pressent si fortement que je n'oserais alléguer aucune difficulté, si je ne savais que vous. Monseigneur, le trouveriez hors de propos.

Le concile de Trente défend aux évêques et aux supérieurs des maisons religieuses de donner permission d'entrer dans les monastères des religieuses, sinon en cas de nécessité ; et, comme cette entrée n'est pas tout à fait dans ce cas, voilà précisément la difficulté. D'où je pense ne pouvoir accorder telle permission sans offenser Dieu ; et cela est l'avis et le jugement d'un docteur dans lequel j'ai grande confiance. C'est ce qui m'a fait résoudre, déjà depuis plusieurs années, à ne jamais donner cette sorte de permission qu'en cas de nécessité ; et je l'ai refusée à un grand nombre de dames, même à des princesses, l'une desquelles est M"* de Carignan, qui ne me le pardonnera jamais. Et je vous le dirai à vous seul, Monseigneur, que ces sortes d'entrées apportent du déchet dans les communautés religieuses, et que Ton voit une grande

différence entre les maisons du même ordre qui accueillent ces entrées et celles qui n'en veulent pas.

Que si enfin, Monseigneur, vous me faites* Thonneur de me commander de faire autrement, je le ferai, parce que j'ai une entière confiance que vous, Monseigneur, me commanderez toujours ce qui sera selon la volonté de Dieu, en Tamour de qui je suis, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

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