‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 176 sur 294 · SEIGNEUR DUDIT LIEU, A GUESPREYRE · texte numérisé non relu

SEIGNEUR DUDIT LIEU, A GUESPREYRE

Il lui dit que Ton n'admet dans les maisons de la Mission que les personnes qui se présentent pour faire les exercices spirituels, ou pour faire partie de la Communauté.

Paris, 6 avril lôSg.

Monsieur,

La mémoire de feu M. de Vincy nous est trop précieuse pour ne recevoir pas avec joie les occasions de servir tous ceiix de sa famille, particulièrement vous. Monsieur, qui êtes des plus considérables et qui nous témoignez tant de bonté par la lettre que vous m'avez fait Thonneur de m'écrire, dont je vous remercie très humblement.

Pour réponse, je vous dirai. Monsieur, que nous ne recevons céans que deux sortes de personnes : Tune est de ceux qui veulent faire une confession générale, et se disposer à bien servir Dieu, chacun selon sa condition; à quoi nous tâchons de les aider pendant sept ou huit jours seulement, après lesquels ils se retirent; et l'autre est de ceux qui se veulent donner à Dieu pour toute leur vie, dans notre Compagnie, qui n'est pas une religion, mais une communauté de prêtres séculiers, dédiée au service du pauvre peuple des champs.

Il se présente quelquefois des ecclésiastiques qui demandent à passer quelque temps parmi nous, pour se former aux

fonctions de leur état, et ceux-ci nous les adressons au séminaire des Bons-Enfants, où ils sont reçus à pension et instruits de toutes les choses convenables, autant de temps qu'il leur plaît. Si le jeune homme dont vous me faites Thonneur de me parler est de cette qualité, et qu'il veuille y entrer aux mêmes conditions que les autres, je le recommanderai au supérieur, afin qu'il en ait un soin particulier.

Que s'il veut être missionnaire, il faudrait savoir si c'est pour être frère coadjuteur (d'autant que nous ne le pourrions pas recevoir en cette condition, en ayant plus qu'il ne nous en faut), ou si c'est pour entrer dans les ordres sacrés, parce qu'en ce cas il est nécessaire qu'il ait un titre, et qu'il ait étudié tout au moins jusqu'en philosophie, autrement nous ne pourrions pas l'admettre parmi nous. Je me donne la confiance de vous dire l'état des choses, Monsieur, afin que vous ayez agréable de nous excuser si nous ne pouvons aller contre notre usage ordinaire. Vous savez que le bon ordre des communautés dépend de l'observance de leurs règles. S'il se présente quelque autre occasion où je vous puisse obéir, je le ferai avec respect et affection, étant de même, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.

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