‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 177 sur 294 · A M. DESDAMES · texte numérisé non relu

A M. DESDAMES

PRÊTRE DE LA MISSION, A VARSOVIE

il l'encourage dans la peine que lui cause son inaction forcée.

Paris, vendredi saint, 11 avril 1659.

La sainte passion de Notre-Seigneur vous fasse tout faire et souffrir pour son amour!

J'ai reçu votre lettre du 6 mars. Vous m'avez fait plaisir de me parler ouvertement sur le secours que vous nous aviez demandé. Nous disposons tout de bon quelques-uns

pour vous aller Joindre; mais nous attendons, selon votre avis, que vous ayez de quoi les entretenir et l'occasion de les occuper. J'avoue que l'oisiveté est souvent une pierre d'achoppement, et que les missionnaires la doivent éviter plus que toutes les personnes du monde; mais aussi leur bonheur n'est pas d'être toujours employés, mais de faire incessamment la volonté de Dieu, ainsi que Notre-Seigneur l'a faite. Or il l'a faite diversement, activement et passivement, par faire et par non-faire. Je ne doute pas, Monsieur, que vous ne souffriez de la peine d'être si longtemps privé des principales fonctions de la Compagnie; mais, outre que vous les exercez en partie (en tant que vous servez les âmes pour l'éternité, et faites voir aux ecclésiastiques comment ils doivent être, par les vertus que vous pratiquez), vous avez aussi le moyen d'honorer le non-faire de Notre-Seigneur en ce que vous ne voguez pas à pleines voiles, je veux dire, de tout votre zèle, dans les vastes occupations des ouvriers apostoliques.

Ayez patience. Monsieur, vous serez quelque jour établi sur beaucoup, parce que vous êtes fidèle en peu. Je dis la même chose à M. Duperroy, que j'embrasse très afifectionnément au pied de la croix de Notre-Seigneur ; je dis vous et lui, de qui je suis, en son amour crucifié. Monsieur, votre, etc.

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