I. Voir page 56, n
Que si on lui refuse cette dispense, vous tâcherez, s'il vous plaît. Monsieur, de lui obtenir au moins : premièrement, une permission pour baptiser dans l'église avec cérémonie, en Tabsence des prêtres ; deuxièmement, de toucher les vases et choses sacrés ; troisièmement, de lire tous les livres défendus ; quatrièmement, d'exorciser les possédés; cinquièmement, de recevoir les quatre mineurs ; sixièmement, de prêcher dans l'église ; septièmement, de pouvoir porter sur soi la sainte hostie, comme on la portait en la primitive Église, afin de s'en communier en l'absence des prêtres. Il vous prie de plus de demander pour lui la bénédiction de notre saint père le Pape et une indulgence plénière pour l'heure de sa mort, et de lui envoyer, s'il vous plaît, une grammaire, un dictionnaire et un catéchisme arabes. Et si on vous accorde la première grâce, qui Comprend quasi toutes les autres, à savoir, d'être élevé au saint sacerdoce, je vous prie de nous envoyer, à même temps, un extra tempora pour lui faire prendre tous les ordres, entre ci et le mois de septembre, où l'embarquement doit se faire.
Je vous envoie un petit mémoire à part, de quelques autres extra tempora dont nous avons besoin, et d'une dispense d'âge pour notre frère de Marthe ', que nous pourrons envoyer en cette mission étrangère, pour laquelle il sent aussi de l'attrait : ce sera un très bon sujet. Je ne vous parle pas des facultés pour personne, n'ayant pas encore bien déterminé ceux que nous y enverrons. Je vous les nommerai quelque temps avant leur départ.
On dit que deux vaisseaux feront ce voyage : l'un envoyé par M. le maréchal de la Meilleraie, et l'autre par la Compagnie des Indes, qui depuis longtemps a commencé à négocier en ladite île, mais qui a discontinué depuis quelques années
I. Ignace-Joseph de Marthe, né le 19 mars lôSy, à Arras; reçu à Paris le 7 juillet 1654.
d'y envoyer des navires par quelque mésintelligence, et peutêtre aussi parce que ledit sieur maréchal a entrepris sur eux. On pense qu'ils y veulent envoyer à présent pour ramener les hommes qu'ils y ont envoyés, ou pour essayer d'y maintenir leurs gens et leur pouvoir. Mgr l'évêque d'Héliopolis s'est associé avec eux pour son passage et celui de ses gens en l'Inde, où ils s'en vont travailler. Nous sommes fort en peine de savoir par lequel de ces vaisseaux nous devons envoyer les nôtres. Il semble qu'ils seraient sûrement en ce dernier; mais aussi, si ces messieurs ne continuent pas leur navigation, et M. le maréchal ne nous voulant plus recevoir dans la sienne, pour nous être séparés de lui en cette occasion, nous ne pourrions plus envoyer personne en ce pays-là. Nous verrons.
J'espérais de vous envoyer une lettre aujourd'hui pour le Pape, mais ce ne pourra être qu'à la huitaine, pour joindre ma très humble prière à celles qui lui sont faites de tous côtés, en faveur de la canonisation du grand serviteur de Dieu, François de Sales. Ceux qui en font faire la poursuite ont désiré mon suffrage, à cause, comme je pense, de ce que vous avez fait pour Mgr l'évêque du Puy. Il est à propos qu'en attendant ma lettre, et après que vous l'aurez reçue, vous agissiez conformément à cela, je veux dire, avec zèle, pour contribuer à ce qu'il plaise au Saint-Siège de déclarer saint ce digne prélat qui a vécu en saint, témoignant au moins par vos paroles, si vous n'y pouvez faire autre chose, le désir que vous et moi, et toute la petite Congrégation, avons pour ce grand bien, qui consolera grandement toute l'Église.
Je suis, en Notre-Seigneur, votre, etc.