‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 19 sur 294 · PRÊTRE D^ANGOULÊME · texte numérisé non relu

PRÊTRE D^ANGOULÊME

JI énumcre les raisons qui le forcent à refuser la cure qu'il lui offrait.

25 septembre i655.

Monsieur,

J'ai reçu votre lettre avec le respect que je dois au mérite de votre personne, avec une très sensible reconnaissance des bontés que vous exercez envers nous en toute occasion et présentement par les offres que vous nous faites, dont nous sommes très indignes et dont je vous remercie très humblement. Sur quoi je vous dirai. Monsieur, ce que j'ai déjà dit à M. de Blampignon, que nous avons pour maxime de ne nous introduire jamais en un lieu, si nosseigneurs les prélats

ne nous y appellent; et que tout ce que nous avons et les établissements où nous sommes, nous sont venus par cette voie. Or, tant s'en faut que nous soyons ainsi appelés à Angoulême ; monseigneur Tévêque s'est expliqué au contraire. Une seconde raison pour laquelle nous ne pouvons pas accepter le bien que vous nous voulez faire, Monsieur, est que les cures nous embarrassent trop ; nous n'en avons encore pris qu'à vive force, et sommes comme résolus de n'en plus prendre. Les deux ou trois que nous avons n'ont servi qu'à nous faire connaître l'empêchement qu'elles apportent à nos fonctions, et combien il est expédient que nous ayons tous l'obligation d'aller de village en village pour l'instruction et le salut des peuples, sans nous attacher aux villes ni à certaines paroisses qui ne peuvent manquer d'ouvriers : il serait à craindre qu'avec le temps les nôtres ne se tinssent aux cures. Je vous supplie très humblement. Monsieur, de nous excuser. Je suis, en Notre-Seigneur, etc.

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