PRÊTRE DE LA MISSION^ A RICHELIEU^ ET DIRECTEUR DU SEMINAIRE INTERNE
Il lui dit qae c'est uniquement par la patience et la longanimité quMl parviendra ù former les séminaristes à la mortification. — Il lui trace la conduite à tenir à l'égard de la duchesse d'Orléans.
3 octobre i055.
Monsieur,
Sur ce que vous vous êtes proposé de bien travailler à mortifier le propre jugement et la propre volonté de vos séminaristes, je vous dirai. Monsieur, que cela ne se peut pas faire tout d'un coup, mais peu à peu avec douceur et patience. La mortification, non plus que les autres vertus, ne s'acquiert que par les actes réitérés, et encore moins celles de cette espèce qui est la plus difficile. Il faut donc se contenter d'y mener vos gens pas à pas, sans prétendre y arriver de longtemps.
parce qu'il y a bien du chemin à faire, si ce n'est quand il plaît à Dieu de dispenser des voies ordinaires.
Oui, Monsieur, je suis d'avis que votre maison rende ses devoirs à M"" dîOrléans quand elle sera à Champigny, que deux prêtres y aillent (ce sera assez, vous et un autre), et que vous lui disiez avec grand respect et modestie : Mademoiselle, nous sommes deux prêtres de la mission de Richelieu qui avons reçu l'ordre de M. Vincent de venir faire la révérence à Votre Altesse, de lui offrir nos très humbles services et nos prières. C'est ce que nous faisons. Mademoiselle, avec tout le respect et la soumission que nous devons à Votre Altesse. Si elle vous parle, il la faudra écouter sans l'interrompre, et selon les demandes qu'elle vous fera, lui faire vos réponses, etc.