A LISBONNE
Il le remercie d*avoir protégé un de ses prêtres, jeté sur la côte de Portugal.)
17 juin 1659.
Monseigneur,
J Vi reçu avec toute Thumilité et le respect possibles votre lettre, où vous témoignez une déférence extraordinaire envers moi, et une si grande bienveillance pour les miens ; et ce que vous me dites m'a rempli d'une extrême confusion, en voyant combien je suis loin de posséder ces belles qualités de Tesprit que votre bonté a bien voulu m'attribuer, sans que j'eusse rien fait pour le mériter.
En effet, je vous le demande, qu'y a-t-il à louer dans un homme qui ne possède rien et dont le père est un pauvre laboureur ?
Cela n'empêchera cependant pas, illustrissime Seigneur, que nous ne consacrions très humblement à Votre Excellence, et l'obéissance de cette petite Compagnie, et les services de mon humble personne; et nous le faisons, croyezmoi, d'autant plus volontiers, que nous ne voudrions pas passer pour des ingrats qui oublient la grandeur de vos bienfaits envers nous, et la charité remarquable que vous avez
Sancti Lazari, XV kalend. Jul. 1639.
Domine, Tiiam epistolam qua singulari me honore atque meos humanitate prosequeris, omni animi submissione, atque reverentia recepi; ita mente mihi subripuit ut non vulgari pudore sim perfusus, cum longe absint a me praeclarae illae animi dotes, quas tua mihi benignitas, sine uUis meis meritis, trîbuendas putat ? Quid enim, obsecro, laudandum in eo, cui omnia desunt, quique patrem suumagnoscitpauperemagricolam ? Quod sane non obstabit, illustrissime Domine, quin obsequia exigus nostrae Societatis, mcsque tenuitatis ofâcia, illustrissime Dominationi Vestrae quam humillime consecre'mus. Quod quidem (mihi crede eo lib:ntius facimus, ne magnitudinîs tuorum erga nos beneficiorum, et praecipue caritatis in sodalem nostrum ez.*rcitae,siveho8pitioipsum excipiendo,sive innumerisaliis doniscumulando, immemores atque ingrati videamur. Et quoniam, illustrissime Domine, non
exercée envers notre confrère, en lui offrant l'hospitalité et en le comblant de nombreux présents.
Et puisque je sens qu'il m'est impossible, très illustre Seigneur, de répondre à tant de bontés de votre part, qu'en avouant ma faiblesse et mon impuissance absolue à les reconnaître, je supplie le Dieu tout-puissant de récompenser Votre Seigneurie illustrissime selon qu'elle le mérite, et d'enrichir chaque jour votre âme des plus grands trésors de sa divine grâce ; je la prie aussi instamment, selon le bon vouloir de sa |)rovidence, d'exaucer vos désirs, d'augmenter vos vertus, et de combler votre très noble et très illustre famille de ses dons les plus excellents.
Tels sont nos vœux de chaque jour et la prière continuelle qu'adressera au Seigneur, dans l'humilité de son âme.
De Votre Seigneurie illustrissime, le très humble et très respectueux serviteur en Jésus-Christ, etc.