‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 202 sur 294 · DE LA MISSION, A TURIN · texte numérisé non relu

DE LA MISSION, A TURIN

II le remercie des nouvelles qa'il lui a données. — Il lui recommande de bien soigner son supérieur. — Il lui dit qu'il peut porter à la poste, sans le dire au supérieur, les lettres que les missionnaires lui apportent.

Paris, i8 juillet 1659.

Mon cher frère,

Je vous remercie des bonnes nouvelles que vous m'avez données en me racontant les fruits des missions qui se sont faites de delà. Il paraît que le doigt de Dieu s'y est trouvé, et je veux croire que vos pauvres travaux et bons exemples y ont contribué. Dieu vous fasse la grâce, mon cher frère, de continuer de bien édifier le dedans et le dehors de la famille, en vous tenant toujours bas et toujours uni à Notre- Seigneur. Vous m'avez fait plaisir de me mander les autres choses qui se sont passées, dont je ferai usage.

Dieu aidant, continuez, je vous prie, vos soins et vos services charitabes au bon M. Martin dans les missions et ailleurs où il en aura le plus de besoin, et ne laissez pas de lui faire des bouillons de chapon pour le nourrir et le soutenir en ses accablements, quand l'assistant le juge à propos, nonobstant que d'autres y trouvent à redire. Vous savez que la conservation de ce bon serviteur de Dieu est importante pour le service des âmes et très chère à la Compagnie. Ne faites nulle difficulté de porter à la poste les lettres qui seront pour moi, quoique le supérieur ne les ait pas vues; il sait bien qu'il est loisible à chacun des missionnaires de décharger son cœur dans celui du Supérieur général. Je me recommande à vos prières et à celles de nos frères qui sont avec vous, que je salue cordialement. Je suis, en Notre-Seigneur, votre, etc.

1. Frère Aubin Gantier, né le 10 octobre 1627, à Espeaune, en Beauce, diocèse de Chartres; reçu à Paris le 8 août 1654. Il a fait les vœux à Turin le 9 février 1657^ en présence de M. Martin.

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