‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 211 sur 294 · A LA REINE DE POLOGNE · texte numérisé non relu

A LA REINE DE POLOGNE

Il lui témoigne sa reconnaissance pour ses bienfaits. — II dit son édification, en apprenant qu'elle travaille de ses mains pour vêtir les pauvres.

Saint-Lazare, 22 août lôSç.

Madame,

M. Desdames me mande, par sa dernière lettre, que Votre Majesté a donné à la mission de Varsovie le bénéfice de Clakitzi. Il est fort considérable, et cette grâce toute royale avec laquelle vous nous Tavez donné me fait prendre la confiance de remercier Votre Majesté. Or c'est. Madame, ce que je fais avec toute l'humilité et toute l'affection qui me sont possibles. Je prie |Notre-Seigneur qu'il soit lui-même votre récompense et qu'il glorifie le nom de Votre Majesté, pour le bien qu'il y a lieu d'espérer qui en proviendra.

M. Desdames me mande encore que le produit dudit bénéfice pourra donner commencement et quelque progrès au séminaire qui doit être établi, et qu'à cet effet nous lui envoyions douze prêtres; et c'est. Madame, ce que je ferai par la première commodité.

Il m'a mandé de plus comment Votre Majesté a dressé votre grand hôtel pour y faire élever de pauvres filles par celles, de la Charité, et que déjà Votre Majesté les y a logées. M"* Le Gras et nous, avons été fort touchés, comme aussi la plupart des pauvres filles de cette Compagnie qui se trouvèrent ici,, il y a deux jours, à la conférence que je leur fis, et où je vis sensiblement la reconnaissance de ces pauvres filles, qui est si grande que jamais je ne les avais vues si touchées que pendant le récit que je leur fis du support et de la bonté que Votre Majesté a pour elles. Il en fut de même quand je leur dis que Votre Majesté filait et dévidait le fil qu'il faut pour coudre le linge des pauvres. Cela est sans exemple dans l'Église de Dieu. Nous savons bien que l'histoire nous fait voir une princesse qui filait le fil qui devait servira couvrir son corps; mais je ne me ressouviens d'aucune qui ait porté la piété au point que Votre Majesté l'a fait en employant l'ouvrage de ses mains au service des pauvres. Et c'est. Madame, ce que je pense que Notre-Seigneur fait voir aux anges et aux âmes bienheureuses comme l'objet de leur admiration, et] ce que l'Église voit avec joie en ce même esprit. Loué soit Dieu, Madame, des grâces auxquelles il fait participer Votre Majesté, et qu'il veuille bien vous conserver longtemps pour édifier de la sorte l'Église de Dieu.

M"* Le Gras se dispose à envoyer à Votre Majesté, par la première commodité, deux filles de la Charité.

5o5. — A M. PESNELLE,

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