SUPÉRIEUR DES PRÊTRES DE LA MISSION, A GÊNES
II s'excuBe d'envoyer des ouvrages qui traitent de questions controversées. — • La Compagnie n'entre pas dBUs cet esprit de dispute, mais prie pour Tunion des esprits. — (1 nomme les officiers de la maison.
Paris, 22 août iGSg.
Il faut nous conformer à la volonté de Dieu en toutes choses et en particulier en la sortie de M. Carron.
Nous nous sommes donnés à Dieu pour ne prendre aucune part dans toutes ces contestations qui sont aujourd'hui entre tant de si saintes personnes, et entre des corps si considérables dans rÉglise; et faisons profession de n'avoir céans, ni lire, tant d'écrits qui s'impriment et qui courent par Paris, et même dans les provinces, sur ce sujet. Nous nous contentons de prier Dieu qu'il unisse les esprits et les cœurs, et mette la paix en son Église. Selon cela vous prierez humblement Mgr le vicaire de nous excuser si nous ne vous envoyons tous ces imprimés.
Vous direz, s'il vous plaît, à M. Simon, quand M. Lejuge sera parti, que je le prie de faire l'office d'assistant; et tant lui que M. Sappia pourront être vos deux consulteurs ; et M. Pinon entrera alors à la direction du séminaire interne.
Nous vous recommanderons aux prières de la Compagnie selon votre désir; et je prie Notre-Seigneur dès à présent qu'il bénisse de plus en plus votre conduite, qui suis, en son amour, votre, etc.
5o6. — A M. FEYDIN»,
PRAtRB de la mission, a RICHELIEU.
li le félicite de son 2ële pour la prédication de TEvangile. — 11 lui annonce qu*il le choisit pour la mission de Madagascar, et lui nomme les mis5ionnaires qui partiront avec lui. — Il fait Téloge de M. Bourdaise, et l'engage à lui donner toute sa confiance.
Paris, 24 août i63g.
Monsieur,
J'ai reçu deux de vos lettres qui m'ont extrêmement attendri le cœur, voyant les mouvements apostoliques que Dieu vous donne d'aller annoncer son nom à Madagascar, dont je rends grâces à sa divine bonté, et le prie qu'il soit son remerciement à lui-même de la participation qu'il vous donne à l'amplitude de sa mission sur la terre.
Je suis en doute si déjà je vous ai témoigné la même chose à cause de Tabsence de notre frère Ducournau. Je vous dis donc derechef, Monsieur, que c'est volontiers.
J'adore la lumière et l'affection que Dieu vous donne pour le salut de ces pauvres gens, et notamment de ceux que la divine bonté s'est proposé de sauver par vous. Allez donc. Monsieur, allez, in nomine Domini, Je prie Notre-Seigneur qu'il vous tienne par la main, qu'il vous défende et conserve dans les dangers qui se rencontrent sur la terre et sur la mer, de sorte que vous arriviez et vous retiriez là en parfaite santé, et qu'il lui plaise, par sa bonté infinie, vous remplir de son esprit pour le faire connaître et aimer par ce pauvre peuple, qui a tant de disposition à embrasser notre sainte foi.
Notre frère Etienne, que la Providence appelle au sacerdoce, et qui a pris aujourd'hui le sous-diaconat, et prendra demain le diaconat, et dimanche prochain la prêtrise, se dispose à ce grand et bienheureux voyage. J'espère que vous
I. Nicolas Feydin, né à Allanche, diocèse de Clermont, en Auvergne, le 23 mai 1620; reçu à Paris le 8 septembre i653.
aurez aussi avec vous M. Boursades, qui a tant de zèle pour le salut de ces peuples.
Je vois bien la perte que fera la mission de Richelieu d*un si bon serviteur de Dieu ; mais j'espère que celui qui des pierres fait des enfants d'Abraham enverra quelque autre en votre place; mais ceci, je le dis plutôt à M. de Beaumont qu'à vous, et à sa famille, qui sera sans doute bien afftigée de votre départ, que je sens moi-même avec tendresse. Allez donc derechef. Monsieur, dans la confiance que celui qui vous appelle aura le même soin de vous que de la prunelle de son œil. Ménagez-vous, ne vous exposez pas à toutes sortes de peines et de travail, surtout la première année que vous serez arrivé là, pas§é laquelle on dit que l'on s'y porte parfaitement bien : et, de fait, l'expérience nous a fait voir que ceux qui sont allés au ciel ont anticipé l'heure de leur nouvelle vie, vraisemblablement pour s'être exposés à de trop grands travaux.
Si vous trouvez en vie le bon M. Bourdaise, duquel vous représentez en quelque façon l'image, croyez-le bien, de ce côté-là, comme en toutes choses. C'est une personne des plus douces, des plus fortes, des plus sages, des plus zélées et des plus aimables que je connaisse. O Monsieur, que vous serez consolé de l'embrasser, surtout quand vous verrez en lui des traits de votre visage, de votre douceur, etc.
Allez donc encore derechef. Monsieur ; je prie Notre-Scigneur qu'il vous bénisse. Ressouvenez-vous, s'il vous plaît, en vos prières, d'un vieillard de quatre-vingt-trois ans, chargé de péchés, qui est, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.
Soj. — A Mo» L'ARCHEVÊQUE DE NARBONNE.
n le prie avec instances de modérer son zèle, pour ne pas épuiser prématurément ses forces. — Sur sa demande, il lui enverra deux misssionnaires.
Paris^ 29 août 1639.
Monseigneur,
Votre lettre m'a fait admirer le zèle incomparable que Dieu vous donne et les peines excessives que vous prenez pour la sanctification de votre diocèse. Il est à souhaiter, Monseigneur, que ce zèle ardent enflamme toutes les âmes qui vous sont commises, et à leur exemple tous les peuples voisins. J'ai consolation de vous le dire, parce que j*espère ce bienheureux effet de votre sainte conduite; mais je pense vous devoir dire aussi. Monseigneur, que je crains également que vous preniez trop sur votre personne sacrée, et que le corps ne puisse pas porter longtemps les fatigues que l'esprit lui donne. C'est pourquoi, Monseigiïeur, j'ose supplier très humblement Votre Grandeur de les modérer.
L'esprit malin, qui prévoit la gloire que Dieu tirera de votre chère conservation, ne demande pas mieux que de vous voir trop entreprendre d'abord pour vous voir bientôt abattu ; et quand même Votre Grandeur aurait assez de forces corporelles pour continuer le travail commencé, il aurait assez de malice pour se servir de ce même travail pour casser votre esprit, sachant bien que, l'ayant une fois rebuté de vos saintes applications, il lui en saurait garder d'autres plus agréables et moins utiles, au lieu que, si vous avez agréable d'aller doucement en besogne, vous étendrez bien loin et bien au large les fruits de vos fonctions apostoliques.
Je supplie très humblement Votre Grandeur de pardonner à son vieil et ancien serviteur la liberté qu'il se donne de lui parler ainsi.
Quant au commandement que vous nous faites, Monsei-
gneur, de vous envoyer quelques ouvriers, Je Taî reçu avec respect et soumission. On m'avait déjà demandé quelques prêtres de votre part, mais j'entendais que c'était de ceux de notre assemblée des mardis. Mais puisque vous les voulez de notre Compagnie, nous tâcherons, Monseigneur, de vous en envoyer deux au temps que vous me faites l'honneur de me marquer.
Dieu nous rende dignes de vous obéir et de répoi^dre à vos saintes intentions: je désire particulièrement cette grâce pour moi, qui suis, en son amour, votre, etc.
5o8. — A M. MARTIN,
SUPÉRIEUR, A TURIN
Il demande des prières pour obtenir que les desseins de la Providence s'accomplissent
malgré les oppositions.
Paris^ 29 août iGSg.
Monsieur,
J'ai appris par votre lettre du 16 la rechute de M. des Mortiers, qui le met en danger. J'en suis fort en peine, et j'attends en patience l'événement de la maladie. Plaise à Dieu de le guérir! J'espère que cette visite lui profitera.
Il y a apparence que ces bons pères, qui traversent la poursuite que l'on fait à Rome en faveur d'un séminaire, se maintiendront en leur abbaye. Plaise à sa divine providence d'en ordonner pour le mieux, comme aussi, du palais d'où vous êtes proclies, qui est à la disposition du Pape, et duquel Mgr le marquis doit parler à Mgr le nonce, pour représenter à Sa Sainteté le grand bien qu'elle fera de l'appliquer au grand séminaire, afin d'y recevoir et instruire les curés et autres ecclésiastiques du pays.
Comme c'est là une œuvre de Dieu, il le faut beaucoup prier pour cela, et pour ôter de nous, s'il lui plaît, tout ce
qui nous rend indignes de contribuer à ses desseins. Si sa divine bonté se veut servir de nous pour ledit séminaire, nous tâcherons de vous envoyer les hommes qu'il faudra.
Je suis, du cœur que Dieu seul connaît, en son amour, votre, etc.