‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 224 sur 294 · A M. LE MARÉCHAL DE LA MEILLERAYE · texte numérisé non relu

A M. LE MARÉCHAL DE LA MEILLERAYE

II le félicite de sa guérison. — Il annonce qu'il envoie trois prêtres à Madagascar;

un quatrième partira par l'autre Compagnie.

3i octobre lôSg.

Monseigneur,

Je commence la présente par les actions de grâces que je rends à Dieu de ce qu'il vous a tiré de la longue et douloureuse maladie qu'il vous avait envoyée, et de ce que sa divine bonté vous a conservé pour continuer à étendre son empire parmi les peuples de Madagascar qui ne le connaissaient pas,

et le prie que ce soit pour longues années, comme j'espère qu'il fera ; il y a des Pères qui assurent que Dieu prolonge les jours de ceux que sa divine providence emploie aux œuvres extraordinaires qui regardent sa gloire.

De plus. Monseigneur, je remercie Votre Grandeur de la grâce qu'elle nous fait de nous donner part à ce saint emploi ; nous ferons partir trois missionnaires le 4 du mois prochain. Je vous en aurais envoyé un quatrième. Monseigneur, si ce n'était la parole que j'avais donnée d'en donner deux à ces messieurs qui envoient aussi un vaisseau à Madagascar, tandis qu'on a été en doute si vous, Monseigneur, enverriez le vôtre pendant votre grande maladie.

L'un de ces prêtres est fils de feu M. Desbelles. Dieu lui a

inspiré dès son enfance le désir d'employer sa vie en ce saint

emploi ; et il y a cinq ou six ans qu'il est entré dans notre

chétive Compagnie à cet effet : il est plein de zèle, et si Notre-

Seigneur le conserve, il y a sujet d'espérer qu'il lui rendra

service en ce pays-là. Les autres' deux prêtres sont animés du même esprit, par la grâce de Dieu ; M. Leblanc a quelque empêchement qui ne lui permet pas d'être de la partie. Nous envoyons avec ces prêtres un excellent chirurgien qui est aussi entré parmi nous, il y a quatre à cinq ans, à ce dessein ; j*espère, Monseigneur, qu'il ne sera pas inutile sur votre vaisseau, et qu'il contribuera au salut du peuple de Madagascar.

Je vous supplie très humblement, Monseigneur, d'ordonner à celui qui commandera votre vaisseau de remettre entre les mains de nos missionnaires, à Madagascar, les hardes qu'ils apportent.

Il me reste. Monseigneur, à vous faire un renouvellement de mon obéissance perpétuelle et de celle de cette pauvre et chétive Compagnie de la Mission; je vous supplie très humblement, Monseigneur, de l'avoir pour agréable, et de me souffrir toujours la qualité de, Monseigneur, votre, etc.

Page 1