‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 229 sur 294 · A M. LE MARECHAL DE LA MEILLERAYE · texte numérisé non relu

A M. LE MARECHAL DE LA MEILLERAYE

II le prévient qu'il a fait avertir la Compagnie rivale que ses prêtres ne 8*embarqueraient pas sur ses bateaux. — Il lui proteste de son dévouement.

Saint-Lazare, 22 novembre i65g.

Monseigneur,

Soudain après que j'ai reçu la lettre qu'il vous a plu me faire l'honneur de m'écrire, j'ai envoyé prier M. Faxel de me venir voir, et l'ai prié de faire mes excuses à messieurs de la Compagnie, de ce que je ne pouvais leur donner des prêtres de la nôtre, parce que vous. Monseigneur, ne trouvez pas bon que je me sois engagé à leur en donner. Et j'ajoutai que nous étions obligés de prendre votre parti, à cause que nous avions notre confrère, M. Bourdaise, entre vos mains, et les chrétiens pour la conversion desquels il a plu à Dieu de se servir de notre chétive Compagnie, et lesquels nous sommes obligés d'assister, et pour la profession particulière d'être toujours votre très humble serviteur, et que je désire continuer jusqu'à la mort.

A quoi il me répondit qu'il en parlerait à messieurs de sa Compagnie, et qu'il pensait que leur dite Compagnie verrait bien que j'ai dû en user de la sorte. Selon cela. Monseigneur, vous pouvez voir que nous n'hésitons point à prendre votre

parti et à rompre avec ces messieurs, auxquels je vous donne ma parole, Monseigneur, derechef, que je ne leur donnerai pas de prêtres, ni de notre Compagnie ni d'ailleurs, et que j'écris à M. Etienne qu'il n'ait point de communication avec eux ni avec leurs gens.

Je vous supplie très humblement. Monseigneur, de vous assurer que les choses seront exécutées de notre part ainsi que je vous dis, qui suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.

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