PREMIER MINISTRE DES ÉTATS DE SAVOIE
I! annonce l'envoi de quatre missionnaires, et insiste pour qu'ils ne soient employés qu'aux fonctions de Tlnslitut. — Il lui recommande les missionnaires.
i() octobre i655.
Monseigneur,
Selon votre ordre, nous vous envoyons quatre de nos prêtres. Ils sont tels, qu'avec la grâce de Dieu, ils pourront rendre quelque petit service à Notre-Seigneur, à l'égard du pauvre peuple de la campagne et de l'état ecclésiastique; mais pour le faire utilement, il importe. Monseigneur, que, conformément à nos règles et à notre usage, ils ne prêchent ni ne confessent dans la ville de Turin, ni en d'autres villes épiscopales, si ce n'est les ordinands, les exercitants et les séminaristes, quand il y aura un séminaire ecclésiastique;
et surtout, Monseigneur, qu'ils ne soient point employés à l'assistance des religieuses; car ce seraient là des empêchements comme essentiels à évangéliser les pauvres gens de la campagne dans l'esprit de Notre-Seigneur.
Vous trouverez beaucoup de défauts en ces pauvres missionnaires; je vous supplie très humblement. Monseigneur, de les supporter, de les avertir de leurs manquements et de les corriger comme un bon père ses enfants; je vous transfère le pouvoir que Notre-Seigneur m'a donné pour cela. Plût à Dieu que je fusse en lieu de me prévaloir de l'avantage qu'ils auront de vous approcher. Monseigneur, et de profiter des paroles de vie éternelle qui sortent de votre bouche, et de tant de bons exemples que votre vie donne à tout le monde ! j'en espérerais quelque secours pour amender la mienne, et en devenir à meilleur titre votre serviteur.
3o2. — A M. G ET,
Si;PÉRIEUR^ A MARSEILLE.
11 ne permet pas à un missionnaire de se rendre dans sa famille pour raison de santô,
et lui offre de se rendre à Notre-Dame de la Rose.
21 octobre i655.
Monsieur,
Je loue Dieu de la bonne disposition de votre famille, et de la^ vôtre en particulier.
M. Beaudoin ' m'a écrit que sa santé dépérit à Marseille, et me demande d'aller passer six mois en son pays pour se remettre, comme si dans le reste du royaume il n'y avait pas un lieu propre pour sa santé. Les rois tombant malades dans leurs Etats n'en vont pas chercher d'autres pour se guérir, ni les évêques ne quittent pas leurs diocèses, ni les curés
I. M. Daniel Beaudoin, né à Montrelez, diocèse de Nantes, en iG32; reçu à Paris le 7 octobre i65r.
leurs paroisses pour changer d'air, encore que celui de leur naissance leur fût peut-être meilleur. Je ne puis donc consentir qu'il aille en Auvergne, puisque nous n'y avons point de maisons. S'il veut aller à Notre-Dame-de-la-Rose, diocèse d'Agen, à la bonne heure, qu'il s'y en aille. M. Chrestien, qui en est le supérieur, le recevra volontiers, parce que je lui en écrirai; et je vous prie de lui donner l'argent qu'il faudra pour ce voyage, si tant est qu'il l'entreprenne.
Je suis dans les remèdes, pour une petite incommodité ; sans cela je lui écrirais; faites-lui mes excuses, et assurez-le que je le chéris tendrement, et que je souhaite qu'il pratique la leçon de Notre-Seigneur : Qui amat animam suam perdet cam, et qui odit inverti et eam.
3o3. — A M. BLATIRON,
SUPÉRIEUR, A GÊNES
II lui annonce la réception du bref confirmant les vœux et réglant la question
de dépendance à l'égard des évoques.
22 octobre i655.
Monsieur,
A propos des vœux, il a donc plu à Dieu et à notre Saint- Père le Pape d'approuver ceux que nous faisons; j'en ai reçu le bref, et nous l'avons offert à Notre-Seigneur comme un ouvrage de sa main. M. Jolly vous en doit envoyer une copie authentique, laquelle je vous prie de présenter à Mgr le cardinal Durazzo, comme un effet de ses prières et de ses recommandations.
Quant à la dépendance des évêques, je vous puis assurer que je n'ai aucunement contribué à lui faire donner l'explication portée par ledit bref; je n'en ai écrit ni parlé de près ni de loin ; cela s'est fait par ces messieurs que le Pape a députés, qui ont jugé<:onvenable de la coucher dans le sens qu'elle est. Or vous savez que la volonté de Dieu ne peut
être mieux connue dans les événements que quand ils arrivent sans nous, ou autrement que nous les demandions. Toujours il est vrai que nosseigneurs les évêques ont un pouvoir absolu sur toutes nos fonctions extérieures et aussi sur les séminaires, les ordinations et les missions, etc.