‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 231 sur 294 · IO · texte numérisé non relu

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i^enir voir. Je lui ai dit qu'ayant envoyé des prêtres à mondit seigneur pour le voyage de Madagascar, nous ne pouvions pas en donner à messieurs de la Compagnie, et que je le priais de leur en faire mes excuses; que nous étions obligés de préférer monseigneur, à cause qu'il nous a toujours reçus sur ses vaisseaux, préférablement à d'autres; qu'il a un de nos prêtres en sa puissance, et pareillement ^le petit nombre de catholiques instruits et baptisés par nos missionnaires. Il m'a répondu qu'il en avertira la Compagnie, et moi j'assure mondit seigneur le maréchal, par une lettre que j'envoie à M"® la duchesse d'Aiguillon pour la lui faire tenir, que nous ne leur donnerons aucun prêtre de notre Compagnie ni du dehors, pour ne nous vouloir qu'à Dieu et à lui, et n'avoir affaire avec d'autres.

C'est pourquoi. Monsieur, quand vous serez arrivé à Madagascar, si c'est le bon plaisir de Notre-Seigneur de vous y faire mener, je vous prie de n'avoir, ni vous ni les vôtres, aucune communication avec les gens de ces messieurs, mais de vous attacher de toute votre affection aux intérêts de ce bon seigneur, pour l'obligation que nous avons de lui obéir. C'est ce que je lui mande que vous ferez, et vous pourrez le lui confirmer^ Je ne pense pas qu'après cette assurance il veuille exiger un serment de fidélité, ni de vous, ni d'aucuns. S'il le voulait faire, dites-lui qu'étant enfants de l'obéissance, il vous suffit de savoir quelle est l'intention de ceux qui vous envoient, pour n'aller jamais au contraire, et que c'est là votre serment.

Pour le transport de vos hardes à La Rochelle, où le navire doit aller, à la bonne heure, faites-le faire, si monseigneur vous fait la grâce de vous accorder le passage, et qu'il soit nécessaire que vous alliez vous embarquer à La Rochelle. En ce cas, vous me le ferez savoir, et je vous écrirai plus amplement. Cependant continuez de vous abandonner aux

- 4" — soins amoureux de la Providence, et de vous confier en la bonté patiente de Dieu.

Pour la dispense que vous me demandez de prendre soin de la petite Compagnie, je vous prie de n'y pas penser, mais d'espérer de dessous les cendres de cette humilité, du côté de Tespritde Notre-Seigneur ; laissez-lui un peu votre direction et votre conduite; il est votre force en votre faiblesse, votre science en vos doutes, votre vertu en vos besoins. De votre côté, Monsieur, donnez-vous à lui, pour n'être à peine à personne, pour traiter un chacun avec douceur et respect, pour user toujours de prières et de paroles aimables, et jamais de mots rudes et injurieux; rien n'étant si capable de vous concilier les cœurs que cette manière d'agir humble et suave, ni par conséquent de vous faire parvenir à vos fins, qui sont de faire que Dieu soit servi et les âmes sanctifiées.

Je vous embrasse de toutes les tendresses de mon âme, et ces messieurs avec vous. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.

jP.-S. — Je pense que M. Feydin n'est pas encore fait pour parler en public, au moins pour prêcher; c'est pourquoi vous ferez bien de ne le presser pas sur ce point dans le vaisseau. Pour le catéchisme, vous verrez s'il voudra se hasarder à le faire. Je ne doute pas qu'il n'y réussisse, s'il peut surmonter sa timidité.

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