‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 232 sur 294 · A M. CABEL · texte numérisé non relu

A M. CABEL

SUPÉRIEUR, A SEDAN

Il lui annonce Tenvoî d'une aumône. — Il lui demande s'il n'aurait pas des fonds disponibles pour venir en aide à un jeune protestant converti.

Paris, 22 novembre 1659.

Monsieur,

La source de l'aumône retranchée n'étant pas tarie, grâce à Dieu de qui la charité est infinie, j'ai charge de vous prier

de prendre deux cents livres pour les mois d'octobre et de novembre, qui s'en vont fâcheux, et d'en tirer une lettre de change sur M**" Viole, trésorière des dames de la Charité, qui payera cette somme à lettre vue. Elle est sœur de M. Defito^ avocat au parlement, et loge chez lui, à la rue de la Harpe. On ne veut pas que cette assistance passe davantage par Reims, et pour cela on vous a fait écrire qu'elle était cessée. C'est pourquoi vous ferez bien d'honorer le silence de Notre- Seigneur en cela. Je ne puis pas vous assurer de la continuation, mais voilà la disposition présente.

Un moyen pour mériter que Notre-Seigneur nous continue ses bienfaits est de les employer, à mesure que nous les recevons, selon son bon plaisir et pour la plus grande utilité du prochain.

Nous tâcherons de vous décharger bientôt. Dieu aidant, de la personne dont vous me parlez. Il nous faut auparavant trouver un prêtre propre pour vous l'envoyer à sa place.

Le jeune homme converti que vous avez vu naguère à Sedan vient pour la première fois avec un autre jeune homme aussi nouvellement converti, qui a commencé d'étudier avec succès, et qui est pour servir un jour l'Église aussi bien que l'autre, s'il peut continuer ses études. Il ne sait pas encore assez pour entrer au collège des Trente-Trois, et cependant il est obligé de sortir de la maison des Nouveaux Catholiques, où on a fait un passe-droit, le retenant plus longtemps que la règle ne porte, parce qu'on l'a reconnu gentil garçon ; mais on ne peut plus. On lui a dit que la reine a laissé à Sedan quelques fonds pour en faire de bonnes œuvres, et a désiré que je vous prie, comme je fais, de voir s'il pourrait ^partie ciper à cette charité, pour pouvoir subsister quelque temps en l'université. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.

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