‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 241 sur 294 · A M. DESDAMES · texte numérisé non relu

A M. DESDAMES

SUPÉRIEUR, A VARSOVIE

11 lui enverra des secours au printemps. — Il fait des vœux pour le retour de la cour à Varsovie. — II lui donne des nouvelles de la Compagnie, et souhaite que bientôt il en puisse faire les œuvres en Pologne.

PariS; ig décembre lôSg.

Monsieur,

J'ai reçu depuis deux jours votre lettre du 25 octobre, que je devais avoir reçue il y a trois semaines. Il y a environ un mois que je n'ai reçu que celle-là de votre part et environ autant que je ne vous en ai donné des miennes. C'est que je n'avais rien à vous dire, vous ayant déjà mandé diverses fois que nous attendions le printemps à vous envoyer du secours; et en effet, quand il sera venu, nous ferons partir. Dieu aidant, quelques prêtres, un frère et les filles que la reine demande, et je ferai attention à ce qu'entre les missionnaires il y en ait un de mise, pour les raisons que vous me marquez.

Dieu veuille que) la cour revienne à Varsovie avec la paix ou la victoire), et surtout avec une parfaite disposition de Leurs Majestés. Ce sont les grâces que nous demandons souvent à Dieu par esprit de reconnaissance pour les obligations immortelles que nous leur avons. Vous me consolez infiniment de me dire l'exercice continuel de la charité inépuisable de la reine, qui fait ressentir à tout le monde combien Dieu, de qui tout bien procède, est bon et secourable. Oh! qu'elle s'amasse de grands trésors au ciel, et qu'elle fait une belle leçon à tous les grands de la terre par les grandes aumônes qu'elle fait et les soulagements qu'elle procure à tous les affligés !

Pour nouvelles, je vous dirai que nous avons quatre prêtres et un frère (que vous ne connaissez pas, comme je crois), à La Rochelle, sur le point de s'embarquer pour Madagascar.

Ce sont : MM. Etienne, qui est de Paris, Feydin', qui est d'Auvergne, Daveroult et Desfontaines, qui sont d'Artois, et le frère Patté^ qui est de Normandie, bon chirurgien. Nous avons un seul malade céans , c'est M. Perraud , atteint d'hydropisie, dont il est en danger. Mes jambes se rendent tous les jours plus mauvaises et ne me veulent plus porter. Nous avons les ordinands céans qui nous édifient fort, et une troupe de missionnaires à la campagne qui travaillent avec fruit. Quand sera-ce, Monsieur, que vous rendrez quelque service à Dieu et au public en ces emplois ? Ce ne sera pas si tôt que vous le souhaitez, mais ce sera lorsqu'il plaira à Dieu vous en donner le moyen. Je suis, en son amour, Monsieur, votre, etc.

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