A M. JOLLY
s U P É R I E U r|| a ROME.
11 lui recommande la prudence et lui dit d*^pporter un grand soin dans le choix
des postulants italiens.
Paris, 20 février i66o.
J'ai considéré" ce que vous me mandez de l'ordination, et j'entrevois que tout de bon on se défie de nous, touchant la nationalité : c'est pourquoi il est important que vous ne demandiez rien, et ne fassiez demander que seulement les choses ordinaires; et que même vous n'en proposiez aucune qui soit extraordinaire, ni au Pape, ni à pas un de nosseigneurs les cardinaux, car il semble que Dieu veut que la Compagnie se tienne à Rome dans la réserve qu'elle a eue ailleurs, de n'aller pas au-devant des emplois, ni des moyens de les soutenir, mais de s'humilier devant sa Majesté, comme indigne de lui rendre aucun service, avec cette disposition néanmoins de nous commettre à sa conduite et de nous laisser aller aux ordres de sa providence, comme des instruments grossiers entre les mains d'un bon ouvrier.
De ce qu'on vous a dit qu'avec le temps les missionnaires obtiendront ce qu'ils voudront, on peut inférer qu'on rapporte cela au temps que la famille sera toute composée d'Italiens, qui est ce qu'on désire. Pour cela. Monsieur, il est expédient de n'en recevoir que de bien choisis, tâchant de les
bien connaître avant de leur accorder l'entrée au séminaire. Je vous prie derechef de ne faire aucune proposition nouvelle pour chose qui nous regarde, sans m'en donner avis auparavant. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.