‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 26 sur 294 · A M. BLATIRON · texte numérisé non relu

A M. BLATIRON

SrPÉRIEUR, AGÊNES.

11 lai donne des nouvelles de sa santé. — Il regrette que M. Martin ait demandé au cardinal-archevêque de Gânes des lettres de recommandation. — La mission de Vurin doit avoir l'humilité pour base.

Paris, 17 décembre i655.

Monsieur,

Je n'ai rien à vous dire de nouveau, parce que je n'ai pas reçu de vos lettres depuis ma dernière. M. Guillot, qui a été dangereusement malade, se porte mieux, grâce à Dieu, et moi suis toujours au lit ou sur une chaise, ou plutôt sur deux, il cause de la douleur que j'ai aux jambes, qui m'oblige à les tenir tout le jour appuyées et quasi aussi haut que ma tête; hors cela, je me porte bien.

M. Roux ne vous a pas encore envoyé le paquet de livres que nous lui avons délivré pour vous. Il attend l'occasion de les mettre dans un ballot d'ami, afin que la voiture vous en

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coûte moins. M. Aimeras dit que le règlement des filles de la Charité y est dedans, et moi je vous assure que notre sacristain fait dire tous les jours les deux cents messes que vous avez désiré que nous ajoutions aux mille déjà célébrées.

Je n'ai pas trouvé bon que M. Martin vous ait demande une lettre de Mgr le cardinal à Mgr Tarchevêque de Turin pour se faire recommander, et lui en ai dit ma pensée, qui est que rhumilité est la porte par laquelle il doit entrer dans les exercices de cette nouvelle fondation, et non par celle de la réputation recherchée, qui est souvent nuisible, surtout quand le succès des emplois ne correspond pas à Testime que le premier bruit en a fait concevoir. Cest dans la même vue que je Tai prié de faire quelque petite mission lui seul avec M. Ennery, pour le détourner d'en faire une qui éclate, pour laquelle il vous a demandé M. Richard, duquel je sais que vous ne pouvez vous passer, ni des autres ouvriers que vous avez. Cet établissement fera du progrès comme les autres, s'il est fondé sur L'amour de sa propre abjection. Plaise à Dieu de nous le donner et de vous bénir de plus en plus, en votre personne et en vos conduites. Je salue la petite famille, et je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, etc.

3i5. — A M. RIVET,

SUPÉRIEUR, A SAlXTâ^-S.

Il Texhorte à la confiance en Dieu, qui le soutiendra dans la charge qu'il remplit. — Il rengage à ne pas négliger de s'occuper du séminaire pour ne songer qu*au.\ missions.

Paris, 19 décembre i655.

Monsieur,

Il y a déjà bien du temps que j'ai reçu réponse de vous, et je suis encore plein de la consolation qu'elle m'a procurée, pour les dispositions que vous avez de vous-même, qui sont très nécessaires à votre position, que Dieu vous a donnée en

labsence de M. Gautier. Je suis reconnaissant à sa divine bonté des lumières qu'elle vous départ, et la supplie d'accomplir en vous ses desseins éternels.

Mais vous savez, Monsieur, que cette défiance de vos propres forces doit être le fondement de la confiance que vous devez avoir en Dieu, sans laquelle nous nous trouvons souvent pires que nous ne pensions être ; et avec celle-ci on fait beaucoup, ou plutôt Dieu fait lui-même ce qu'il prétend de nous. N'arrêtez donc plus votre vue à ce que vous êtes, mais regardez Notre-Seigneur auprès de vous et dans vous, prêt à mettre la main à Tœuvre, sitôt que vous aurez recours à lui, et vous verrez que tout ira bien. Pensez-vous que, puisque Tordre de sa providence vous a établi en cette charge, il ne vous donne pas aussi les grâces convenables pour la bien faire, si, pour son amour, vous l'entreprenez courageusement ? N'en doutez point. Monsieur, non plus que de la sincère affection que mon cœur a pour le vôtre, qui est telle que je ne puis vous l'exprimer. Dieu vous la fasse connaître, s'il lui plaît, et veuille vous remplir de plus en plus de son esprit, pour le répandre par vous dans les âmes que vous conduisez, et pour la plus grande sanctification de la vôtre. Je rends grâces à Dieu de ce que M. Langlois ' a pris la charge du séminaire; j'espère que cette bonne œuvre, au lieu de tomber, se relèvera. Vous ne le devez pas négliger pour faire votre capital des missions seulement ; l'un et l'autre sont également importants, et vous y avez une égale obligation, j'entends toute la famille qui a été fondée pour tous les deux. Je vous prie. Monsieur, de les prendre également à cœur, et de coopérer aux progrès du séminaire avec le directeur, aussi bien qu'à la continuation des missions avec le peu de secours que vous avez.

I. M. Louis Langlois, né à Paris le 6 janvier 1616, ordonné prctrc à la nti-caréme 1640; reçu au séminaire interne le i5 juin 1O44.

Ne pourriez-vous pas trouver quelques bons curés ou d'autres prêtres pour vous aider? Essayez d'en attirer quelques-uns ; que si vous manquez de ce côté-là, le bon Dieu ne vous manquera pas : il sera votre premier et votre second, et bénira votre travail. Ne vous y empressez pas, et au lieu d'un mois, mettez-y six semaines pour les grosses missions, telle qu'est celle où vous avez été engagé. M. N. se rendra, par l'usage, capable de vous soulager. Nous avons expérience dans la Compagnie qu'en divers endroits et en divers temps, deux prêtres ont entrepris et achevé heureusement des missions aussi grosses, ou même plus grosses que celle-là.

J'embrasse en esprit toute la famille, et suis, en l'amour de Notre-Seigneur, etc.

3i6. — A M. DE CHANDENIER,

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