A M. TRISTAN
Il lui annonce le départ d'une postulante qui n*a pu vaincre certaines répugnances.
Paris, 22 juin 1660.
Monsieur,
La bonne fille que vous nous aviez fait la grâce de nous adresser s'en étant retournée, il y a trois ou quatre jours.
avec quelques-uns de messieurs ses parents, qui étaient venus pour la voir, je ne pus me donner l'honneur de vous écrire pour lors, comme je fais à présent, pour vous dire. Monsieur, que, selon vos bons et sages conseils, nous l'avons mise en occasion de s'éprouver dans quelqu'un des emplois auxquels elle avait difficulté; mais elle a reconnu que sa répugnance augmentait au lieu de diminuer ; elle s'est résolue à se retirer, comme elle a fait, après en avoir obtenu notre consentement, lequel nous lui avons accordé en supposant le vôtre. Monsieur, que vous n'auriez pu lui refuser, la voyant hors d'espérance de se vaincre dans ses aversions. Elle est trop sincère pour manquer à vous les exprimer, et elle est assez à Dieu pour le bien servir en quelque condition qu'elle soit, moyennant sa grâce ; car il lui en a donné une bonne volonté, et il lui a fait la grâce de se comporter si bien de deçà qu'elle nous a laissé cette espérance, quoiqu'elle n'y ait pas reçu tout le bon exemple, ni la satisfaction qu'il était à désirer. Je prie Notre-Seigneur, Monsieur, qu'il vous conserve et qu'il me donne quelque bonne occasion de vous obéir, comme étant, en son amour. Monsieur, votre, etc.