A M. MARTIN
SUPÉRIEUR, A TURIN
Il bénit Dieu des frcits produits par les missions. —Il rengage à se reposer et à faire
reposer ses confrères.
Paris, 16 juillet 1660.
Monsieur,
Je viens de recevoir votre lettre du 3, qui m'a d'autant plus consolé qu'elle est l'unique depuis environ six semaines. Je rends grâces à Dieu, Monsieur, du retour de la famille à
Turin en bonne santé, et des bénédictions qu'il a plu à sa bonté de répandre sur elle et sur les peuples qu'elle a évangélisés. Vous ne me pouviez donner de plus agréables nouvelles, ni qui me donnent une reconnaissance plus sensible vers Notre-Seigneur de toutes les grâces qu'il vous fait; je l'en remercie de tout mon cœur. Reposez^vous donc, Monsieur, et faites reposer ces messieurs qui ont tant travaillé. Il est bien juste, dans cet intervalle, de rétablir les forces perdues, et de se renouveler en Notre-Seigneur, qui est le principe de la vie et de la vertu des prêtres, par l'exercice de l'oraison et la grâce du recueillement, pour continuer ensuite la conquête des âmes avec de nouvelles armes, qui, étant prises dans l'arsenal des saintes Écritures, seront toujours victorieuses, si elles sont maniées dans l'esprit de Notre- Seigneur. J'embrasse avec votre cher cœur votre petite communauté de toute l'étendue de mon affection.
La Compagnie est toujours en même état de deçà, et Dieu continue, ce me semble, de la bénir partout. Nous n'avons point de malades pour le présent; il est vrai que je souflfre un peu de mes mauvaises jambes, qui ne me laissent reposer la nuit, ni marcher le jour, ni seulement me tenir debout; hors cela, je me porte assez bien. M. Aimeras est allé à Richelieu, à cause du passage du roi et de la nouvelle reine '. II est maintenant sur son retour.
Je me recommande à vos prières, et suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.
I. Marie-Thérèse d'Autriche, que Louis XIV avait épousée le 9 juin.
— 4^1 — 572. — A M. PESNÉLLE
SUPÉRIEUR, A GÊNES
Il l'engage à supporter les légers d<2rauts de ses confrères
Paris, 3o juillet 1660.
Monsieur,
Il ne faut pas vous attendre à voir jamais votre maison sans défauts, mais pourvu qu'il n'y en arrive de griefs ou de scandaleux, il faut se résoudre à supporter les autres, et néanmoins faire ce qui se peut pour les diminuer, tant en la qualité qu'en la quantité. Après la conversion des pécheurs, pour entière qu'elle soit, il reste toujours quelques imperfections pour leur exercice, comme il paraît dans les apôtres qui suivaient Jésus-Christ, et qui pourtant s'entretenaient entre eux de plusieurs choses répréhensibles. Je ne vois pas d'autre remède aux manquements généraux, qui, par la grâce de Dieu, ne sont pas grands, que les avertissements en public et en particulier, avec la prière et la patience. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.