‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 270 sur 294 · A mg« l^évèque de LESCAR · texte numérisé non relu

A mg« l^évèque de LESCAR

Il s'excuse de son retard involontaire à répondre : il vient d'apprendre qae sa lettre, écrite l'année précédente, a été égarée. — Répondant à des avances faites par rcvèque de Lescar, il indique d'abord en quel sens la proposition ne pourrait 2tre acceptée, puis en quelles conditions l'union se pourrait faire.

Paris, II août 1660.

Monseigneur,

J'ai su que Votre Grandeur n'a pas reçu la lettre que je me suis donné l'honneur de lui écrire l'an passé, en réponse au commandement qu'elle m'avait fait de lui envoyer quatre de nos prêtres pour Bétharram; mais je ne l'ai appris certainement que depuis peu de jours que j'en ai été assuré par M. le premier président de Pau, pour lequel il y avait une lettre dans le même paquet, qu'il n'a pas non plus reçue. Je . suis très affligé. Monseigneur, de la peine où vous avez été par la perte de ce paquet, et du sujet que vous avez eu de douter de mon obéissance. Certes, je serais un ingrat si j'avais manqué de vous la témoigner en cette occasion, où votre bonté nous fait la grâce de nous appeler non seulement en votre diocèse, mais en un poste des plus avantageux du royaume, pour y rendre quelque service à Dieu : de quoi. Monseigneur, nous sommes infiniment obligés à Votre Grandeur. Il est vrai qu'elle m'en a parlé dans un terme obscur, qui, étant pris au pied de la lettre, nous mettrait hors d'état

de nous prévaloir de votre bonne volonté. C'est, Monseigneur, qu'après m'avoir dit que vous aviez tiré le consentement de ces messieurs de Bétharram, vous ajoutez que nos prêtres y seront reçus comme membres dudit corps. Ce qui m'a obligé et m'oblige encore de représenter très humblement à Votre Grandeur que cette proposition d'entrer comme membres de ce corps est incompatible avec ce que nous sommes, qui composons un corps de missionnaires, parce que ceux que nous enverrions ne pourraient pas être en même temps membres de la Mission et membres de la Communauté de Bétharram ; il faudrait qu'ils sortissent de l'une pour entrer dans l'autre, puisque ce sont deux corps différents, si ce n'est que des deux on n'en fasse qu'un, qu'on unisse le corps de la Mission à la Communauté de Bétharram, ou le corps de Bétharram à la Compagnie de la Mission.

Celle-ci, Monseigneur, s'unirait volontiers à l'autre, si elle le pouvait, et elle laisserait la qualité de Congrégation de la Mission pour prendre le nom de la Communauté de Bétharram. Mais, parce que notre petit Institut est approuvé par les papes, les rois de France, le parlement de Paris, et par d'autres cours souveraines, sous le nom de Mission, nous ne pouvons pas quitter ce nom-là pour en prendre un autre sans le consentement de toutes ces puissances et celui de nos bienfaiteurs, qui ont traité avec nous qui faisons le corps de la Mission. Et je pense aussi. Monseigneur, que ce n'est pas votre intention que cela se fasse. Nous ne saurions non plus le faire que du consentement des maisons qui composent notre même Compagnie, même des personnes, ce qui est très difficile.

De dire maintenant qu'il n'y aura que ces quatre prêtres qui se détacheront de la Mission pour s'incorporer à la Communauté de Bétharram, c'est. Monseigneur, ce qu'ils ne peuvent faire, s'étant donnés à Dieu pour vivre et pour

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