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mourir missionnaires dans la même Congrégation de la Mission.
De dire aussi que la Communauté de Bétharram, si considérable par son institution, par l'approbation des seigneurs évêques de Lescar, par la sainteté du lieu, et par la grâce des miracles qui s'y font, s'unira à notre dite Congrégation et qu'elle en prendra le nom, les règles et la manière d'agir, c'est ce que ces messieurs auraient peine de faire et Votre Grandeur d'approuver, non sans sujet, vu notre chétiveté.
Voici, Monseigneur, comme l'on a procédé à l'union qui a été faite de la maison de Saint-Lazare-lez-Paris à notre Congrégation. Il y avait des chanoines réguliers de Saint- Augustin, et le prieur, de leur consentement, me vint offrir leur maison, dans le collège des Bons- Enfants où nous demeurions, ce que nous acceptâmes; et ayant* traité avec eux sous le bon plaisir de Mgr l'archevêque, qui en était le {mot illisible)^ lui-même en fit l'union et nous mit en possession de cette maison et de tous les biens en dépendances, à condition de payer audit prieur et à chacun des religieux la pension dont nous étions convenus; de faire le service divin et d'accomplir toutes les charges, comme aussi qu'il leur serait loisible d'habiter avec nous et de s'en retirer, ainsi que bon leur semblerait; et quoique du commencement cette union fût traversée par un monastère du même ordre , elle fut néanmoins confirmée par lettres patentes du roi, deux arrêts du parlement, et ensuite par notre Saint- Père le pape.
Il semble donc. Monseigneur, qu'on pourrait procéder à cette union de Bétharram de cette manière, si on désire de nous y établir solidement.
Peut-être que l'on dira que, supposé ladite union de Bétharram à la Mission, les exercices de dévotion ne s'y pratiqueront plus comme ils s'y pratiquent à cette heure, et qu'on n'y verra plus que les seules pratiques des autres mai-
sons de la Mission. Mais on répond que les prêtres de la Mission s'obligeront d'exercer audit Bétharram tous les devoirs de piété accoutumés : de dire l'office divin, de maintenir la musique, de recevoir les pèlerins, d'acquitter les fondations et d'entretenir les bâtiments; bref, de satisfaire à toutes les obligations, et particulièrement de payer à MM. les ecclésiastiques qui nous auront subtitués à leurs places telle pension que vous, Monseigneur, ordonnerez. Pour cela, il serait à propos de nous faire voir un état de tout le revenu fixe et casuel et de toutes les charges anciennes et nouvelles qu'on voudra nous imposer.
L'on pourra objecter aussi que, cette union faite, MM. les ecclésiastiques de Bétharram qui ne voudront se faire missionnaires seront obligés de se retirer. Mais cela ne sera pas, car s'ils veulent demeurer dans la maison et y travailler aux mêmes charges et conditions qu'ils ont fait jusqu'à présent, il leur sera loisible.
L'on pourra finalement objecter que Mgr Tévêque n'aura plus l'autorité qu'il avait sur ladite chapelle. A quoi je réponds. Monseigneur, que vous y aurez toujours le même pouvoir que vous y avez à l'égard du service divin et de l'administration des saints sacrements, et que vous en avez bien davantage sur lesdits prêtres de la Mission que vous en avez sur ces messieurs de Bétharram ni sur aucuns de votre diocèse, parce que les missionnaires se sont donnés à Dieu et à messeigneurs les prélats pour leur obéir comme les serviteurs de l'Évangile à leur maître, en sorte que, leur disant : Allez en tel lieu prêcher, catéchiser et faire les autres fonctions de la Mission, ils sont obligés d'y aller, et quand ils les rappellent, de revenir; et quand ils leur disent : Faites cela, ils le doivent faire, selon notre Institut.
Mais pour le regard de la conduite intérieure des familles et des personnes de notre Congrégation, en quelque lieu
qu'elles soient, elle demeure à leur Supérieur général. C'est à lui à les changer, à les appeler et rappeler d'une maison à une autre, de nommer les supérieurs particuliers et les autres officiers, d'envoyer de temps en temps des visiteurs de sa part en chaque lieu pour y maintenir la charité et l'observance des règles, recevoir les comptes de la dépense et de la recette, etc.
Voilà, Monseigneur, ce que contenait ma première lettre. Je suis honteux de vous faire une si longue et si ennuyeuse répétition. Le désir que nous avons que toutes choses soient bien éclairées, pour prévenir les difficultés qui pourraient naître du contraire, m'a obligé de m'étendre de la sorte. Je supplie très humblement Votre Grandeur de ne l'avoir pas désagréable et de croire qu'en quelque manière qu'il lui plaira de recevoir les choses susdites, je serai à jamais, en l'amour de Notre-Seigneur, Monseigneur, de Votre Grandeur, le très humble, etc.