A M. PESNELLE
SUPÉRIEUR, A GÊNES
Il insiste sur le devoir de faire ane heure d*oraisoii, mSme les fours de repo%
à moins de raisons urgentes.
Paris, i3 août 1660.
Monsieur,
Notre règle nous ordonnant de faire tous les jours une heure d'oraison mentale n'excepte pas les jours qu'on repose; et ainsi. Monsieur, il la faut faire ces jours-là d'une heure entière, de même que si on n'avait pas reposé : il n'est pas juste de prendre ce repos sur l'action la plus importante du jour. On doit pourtant s'accommoder à la nécessité des affaires : on a quelquefois des choses à expédier qui ne se peuvent remettre ni compatir avec son heure d'oraison ; à la bonne heure, on a égard à tels empêchements, après néanmoins les avoir considérés devant Dieu et trouvés raisonnables, car Dieu ne nous demande rien qui soit contraire à la raison; mais il est expédient de consulter la même règle dans tous les doutes et les difficultés qui nous arrivent pour nous y conformer autant qu'il est possible. Mgr le prince de Conti sera un jour notre juge, au moins le mien : il est admirable en sa fidélité à l'oraison; il en fait tous les jours deux heures, l'une le matin et l'autre le soir; et quelquQ grandes préoccupations qu'il ait et quelque monde qui l'environne, il n'y manque jamais. Il est vrai qu'il n'est pas si attaché aux heures qu'il ne les avance ou ne les retarde, selon l'exigence des affaires. Plaise à Dieu de nous donner cet attrait pour nous unir à Notre-Seigneur, en qui je suis votre, etc.