ABBÉ DE MOUSTIER-SAINT-JBAN
Il s'excase d'avoir tarde à écrire. — Il accuse réception d'une procuration, et témoigne
sa reconnaissance.
Paris, 8 février i656.
Monsieur,
Je ne sais comme j'ai laissé passer ces deux derniers courriers sans vous écrire ; je vous en demande très humblement pardon, et me propose. Dieu aidant, de m'acquitter mieux une autre fois de ce devoir.
J'ai reçu par votre dernière la procuration qui regarde le prieuré de Chàndenier, et l'ai remise (selon votre ordre et le désir de M"* de Chàndenier) entre les mains de M. Aubry, et les autres papiers au feu, mademoiselle votre sœur l'ayant jugé à propos de la sorte.
Voici les deux créations des pensions de Saint-Pourçain et de Condre, que je vous envoie avec une aussi sensible reconnaissance que j'aie jamais eue, et que je suis capable d'avoir. O Monsieur! qui me donnera des paroles pour le vous pouvoir faire voir? Certes, il n y a que Notre-Seigneur qui le peut faire, et c'est en le disant à l'oreille de votre cœur, et ce que je lui demande avec toutes les tendresses du mien, chétii et indigne d'un si incomparable bien que vous nous avez fait. O Monsieur ! que je prie Dieu de bon cœur qu'il soit luimême votre récompense! Nous ferons en sorte que vous serez satisfait à point nommé.
M. Joli}' m'a écrit par deux fois qu'il est en peine de ne pas recevoir de vos nouvelles au sujet de vos bulles qu'il vous a
envoyées par voie de Lyon à Tournus, et craint que vos bulles ne soient égfirées; je le lui ai mandé comme à vous, Monsieur; les avez- vous reçues?
Je n'ai point encore écrit à monsieur le marquis pour réponse à sa dernière lettre. Je le ferai dans Tesprit que je me représenterai que vous le désirez, et lui dirai la circonstance, comme vos bulles ne vous obligent point à changer de condition.
Mademoiselle votre sœur me paraît toujours pleine de reconnaissance, et celle de M. Aubry nous paraît incomparable. Oh ! Monsieur, que c'est un bon serviteur de Dieu !
Je me donne la confiance de faire ici un renouvellement de mon obéissance perpétuelle à monsieur votre frère et à vous ; et Dieu sait de quel cœur c'est que je le fais et que je suis, en son amour, à tous deux. Monsieur, etc.