‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 60 sur 294 · A M. BLATIRON · texte numérisé non relu

A M. BLATIRON

SUPÉRIEUR, A GENES

I] promet de remplacer les missionnaires qui ont été rappelés et laissent en ce moment lu mission en souffrance, mais le bien général l'emporte sur le bien particulier. — il loue sa générosité qui le porte à s'offrir pour visiter les pestiférés, et remet la décision au cardinal.

28 juillet i656.

Monsieur,

Le bien général doit l'emporter sur le bien particulier.

Je ne doute pas qu'on ne murmure de v.oir votre maison assez dépourvue pour les missions; mais patience, nous remplacerons peu à peu les ouvriers qui en ont été tirés. Ce qui me fait le plus de peine, c'est qu'on s'en prend à vous, comme si vous étiez la cause de ne les avoir plus. Il faut néanmoins souffrir cette petite confusion; et Dieu, qui sait le contraire, vous justifiera en son temps. Ne sait-on pas qu'il se fait des changements dans toutes les communautés, et que ceux qui en ont la conduite générale disposent des hommes qu'ils ont en charge, en quelque part qu'ils soient, quand le bien commun le requiert, même au préjudice du bien particulier d'une maison?

Oh ! Monsieur, que la résolution que vous avez prise d'aller servir les pestiférés, en cas de maladie, avec MM. le Juge et Lucas, est généreuse et de grande perfection! Il ne faut qu'une action héroïque comme celle-là pour vous perfectionner en votre état, parce qu'il n'y a point de plus grande charité que de donner sa vie pour le prochain. Or c'est la donner que de l'exposer; et c'est l'exposer que de la sacrifier à Dieu, comme vous faites, pour un tel dessein. Néanmoins, la chose est de telle importance, et je vois tant de raisons contre cela, au moins pour votre regard particulier, que je

n'ose ni consentir, ni m'opposer à votre résolution. J'espère que Dieu vous fera connaître, par Mgr le cardinal ou par lui-même, sa très sainte volonté sur ce sujet, etc.

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