‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 7 sur 294 · A M. OZENNE · texte numérisé non relu

A M. OZENNE

SUPERIEUR, A VARSOVIE

Il le charge de quelques commissions. ^ Il lui annonce le retour à Paris de M. Berthe, éloigné de Rome par ordre du roi. — H raconte le martyre d'un jeune homme qui, après avoir apostasie & Alger, a noblement réparé sa faute.

Paris, 19 mars i655«

Monsieur,

Je rends grâces à Dieu de celle qu'il vous a faite, par monsieur l'ancien officiai, de ce bénéfice d'un prix si considérable, et le prie qu'il fasse la grâce à la Compagnie de répondre à l'attente qu'a ce bon serviteur de Dieu qu'elle servira dignement Notre-Seigneur en ce pays-là. Quand la chose sera en état d'être sue, je lui ferai une lettre de remerciement, si vous le jugez convenable ; et je vous supplie. Monsieur, de diriger toutes vos dévotions à Notre-Seigneur, à ce qu'il ne permette pas que votre famille se rende indigne de ce bien-là et de tous les autres qu'elle reçoit journellement.

Je ne sais que vous dire de M. Zelazewski et de ses conduites, sinon que je prie Dieu qu'il soit lui-même sa direction et

son directeur; je serai consolé de Tassistance que vous donnerez à madame sa mère.

Je rends grâces à Dieu de ce que vous avez donné le baptême à cette bonne juive et de la conversion de ces deux luthériens.

Je vous prie de renouveler les offres de mon obéissance à M. de Fleury, à l'occasion, et de Tassurer que j'ai mon cœur tout plein de reconnaissance pour toutes les obligations que nous lui avons, et de remercier le révérend père Roze du souvenir dont il m'honore et l'assurer de mon obéissance.

Assurez notre chère sœur Marguerite que je n'ai jamais retenu aucune des lettres qu'elle écrit à M*^** Le Gras, et que je les lui envoie tout aussitôt que je les ai reçues. Je la salue, elle et nos sœurs, avec toutes les affections de mon cœur, en celui de Notre-Seigneur.

Je vous supplie. Monsieur, de remercier M"" de Villars de l'honneur qu'elle me fait de se ressouvenir de moi, et de l'assurer de mon obéissance.

J'attendrai votre billet touchant les propositions que vous avez à nous faire, et y ferai réponse au plus tôt.

Je pense vous avoir écrit que M. Berthe est revenu en France par l'ordre du roi, à cause qu'il a reçu dans la Mission Mgr le cardinal de Retz par commandement exprès du pape, avant même que le roi lui eût fait défense de communiquer avec Son Éminence, et que nous l'attendons ici dans huit ou dix jours; voilà. Monsieur, ce que je vous puis dire pour le présent.

Par la miséricorde de Dieu, la Compagnie travaille bien partout et avec bénédiction, même en Barbarie, où l'on est si exact dans le sacrement de pénitence que l'on fait faire restitution, jusqu'à un sol, aux pauvres esclaves des torts qu'ils se sont faits les uns aux autres.

M. Le Vacher me mande d'Alger qu'un jeune chrétien de

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