‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 8 sur 294 · ID · texte numérisé non relu

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vingt et un à vingt-deux ans, Majorquin de nation, s'étant fait Turc, il en eut un si grand remords ensuite qu41 alla trouver le Pacha, foula son turban à ses pieds, en détestation de Mahomet et de sa religion, et en protestation qu'il était chrétien et qu'il n'y avait point de vraie religion que celle de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; ce qu'ayant fait, il fut brûlé trois jours après, montrant une constance admirable, et protestant continuellement que la religion chrétienne était la vraie religion, et Jésus-Christ Notre-Seigneur le vrai Fils du Dieu vivant, et Mahomet un trompeur. Ce qui est admirable et digne de consoler les âmes qui craignent la mort, c'est que ce pauvre garçon disait, quelques jours avant, à ses compagnons en leur parlant de sa résolution, qu'il craignait la mort, mais qu'il avait une certaine confiance dans l'esprit qui lui faisait espérer la force du martyre, et leur alléguait que Notre-Seigneur avait craint la mort, et quand ce vint à la souffrir, qu'il le fit divinement. Dieu nous fasse la grâce. Monsieur, d'augmenter en nous la foi et l'espérance en lui dans les occasions de mourir pour son service.

Je me donne l'honneur d'écrire à la reine; je pensais lui dire ce que je vous écris de ce bienheureux martyr, mais je n'en ai pas le temps ; vous le lui direz, s'il vous plaît, et ferez mes excuses à M. de Fleury de ce que je n'ai pu avoir encore l'honneur de lui écrire. Je demeure, en l'amour de Notre-Seigneur, etc.

— i6 — 284. — A M. G ET,

SUPÉRIEUR, A MARSEILLE

Il témoigne le désir de se décharger des consulats de Tunis et d* Alger.

16 avril i655.

Monsieur,

Je suis en la même pensée que vous, touchant le dey de Tunis, qu'il fera quelque avanie, comme il a déjà fait à monsieur le consul de deujc cent soixante-dix piastres, et que ce serait le meilleur de remettre les deux consulats entre les mains de personnes qui en pourraient faire leur profit; et cela n'empêchera pas que les prêtres ne fassent ce qu'ils pourront pour l'assistance des pauvres esclaves. Je pense qu'il n'y aura pas de danger que vous vous informiez secrètement s'il y aurait quelque marchand de Marseille qui voulût prendre lesdits consulats, et en rendre certaine somme par an aux prêtres de la Mission qui seront de delà. Si vous avez quelque ami particulier auquel vous puissiez confier cette proposition sous le sceau du secret, vous le ferez, s'il vous plaît, n'étant pas expédient que la chose se divulgue, et me manderez ce que vous en aurez trouvé.

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