‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 77 sur 294 · A M. BLATIRON · texte numérisé non relu

A M. BLATIRON

SUPÉRIEUR, A GÊNES

Il témoigne sa joie de la disposition où sont les missionnaires de se dévouer, mais en demeurant dans la voie de l'obéissance. — Il remercie Notre-Seigncur qui a fourni à quelques-uns l'occasion de s'exposer.

lor décembre i656.

Monsieur,

Tout ce que je vous recommande avec plus d'instance et .d'affection, c'est d'user de toutes les précautions raisonnables pour vous conserver. Au reste, je ne puis assez remercier Dieu de la disposition qu'il donne à un chacun de vous, de lui faire un sacrifice de sa vie, en l'exposant, si besoin est, pour l'assistance des pestiférés. Comme cela ne peut être que par une charité souveraine qui regarde purement Dieu dans ce salut des âmes, aussi n'y a-i-il rien de plus consolant ni de plus digne de reconnaissance que cette résolution, ni qui soit plus capable d'attirer les bénédictions du Ciel sur la Compagnie, quoique l'effet ne s'ensuive pas, parce qu'il ne dépend plus que de la sainte obéissance, que vous attendez.

Celle qui a déjà mis M. Lucas dans l'exécution de ce divin mouvement est une marque de la grâce que Dieu a mise dans votre communauté pour protester comme lui, à la face de l'Église triomphante et militante, que l'amour est fort comme la mort et que Dieu seul mérite d'être aimé et servi. Qui perd son âme de cette façon la sauvera, et qui voudra la sauver autrement la perdra. Je remercie Notre- Seigneur Jésus- Christ, qui a dit ces paroles, d'avoir mis ledit sieur Lucas en état de se consumer pour lui.

Nous avons encore à Rome un prêtre exposé au même péril, pour la même charité ; et nos confrères de Varsovie, après avoir souffert la rigueur de deux ou trois sièges, ont été dépouillés de toutes choses jusqu'à leurs habits ; et la peste

y étant survenue, M. Desdames en a été atteint, dont on me mande qu'il est guéri, etc.

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