‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 97 sur 294 · A M. BLATIRON · texte numérisé non relu

A M. BLATIRON

SUPÉRIEUR A GÊNES

Il lai fait part de ses inquiétudes et de sa peine. — il le prie de prendre toutes les

précautions possibles pour éviter le danger.

Paris, 27 juillet 1657.

Monsieur,

J'ai reçu votre lettre du 25 juin; à proportion que le mal augmente, notre douleur croît et nos prières redoublent. O Monsieur! que voilà un sujet de grande affliction pour toute l'Église, de voir un si grand peuple désolé de la sorte, et pour nous d'une sensible appréhension de vous voir exposé, comme vous êtes, avec le reste de la famille ; car, encore que personne de vous ne serve encore les malades, vous ne laissez pas d'être environnés de la maladie, et à la veille d'être appliqués à cela, selon la disposition que M. Duport en a témoignée à Mgr le cardinal, et la réponse que Son Éminence a faite, qui est digne d'un grand et saint prélat, comme il est.

Vous me mandez vous-même que plusieurs personnes sont mortes de la peste, deux ou trois jours après avoir été ouïes

et communiées par vous, ce qui montre le danger où vous êtes. Dieu par sa bonté infinie vous en retire, s'il vous plaît, avec tous vos gens, et daigne regarder en pitié ceux des champs et de la ville ! c'est ce que j'espère, et cette espérance me console, aussi bien que les précautions dont vous usez. Je vous prie de les continuer, et de vous servir de toutes les inventions possibles et raisonnables pour vous conserver. Je suis, en Notre-Seigneur (voici des lettres de notre pays). Monsieur, votre, etc.

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