UVBE VIL — LETTRE DIX-SEPTIÈME
Dans cinq jours je quitterai Goa pour Malacca^ qui est sur le chemin delà Chine, avec Diogo de Pereira, ambj^ssadeur auprès de l'empereur de ce pays. Nous portons à ce souverain de riches présents, achetés par Diogo de Perjeiça des deniers de votre majesté et des siens propres. Slais ^ous lui portons encore m présent, tel que jamais peuWtre, de mémoire humaine , un roi n'en a offert à un ^utre roi , je veux parler de l'Évangile de J.-C. Si l'empereur de Chine en comprend toute la valeur , il le mettra sans hésitej; audessus de tous ses trésors, quelque immenses qu'ils puissent être. J'ai l'iespérance que Dieu laissera tomber des regards de miséricorde sur ce vaste empij*e et sur ses habitants ; qu'il ouvrira les yeux d'hommeif^éés à son image , à la connaissance de leur Créateur , et de J.-C, le Sauveur du genre humain tout entier. .#•
Nous partons trois de la Compagnie, avec Pereira, pour nous rendre en Chine, afin de mettre en liberté les Portugais qui y sont en captivité (1), et d'obtenir l'alliance de l'empereur de Chine pour le roi de Portugal ; et surtout pour engager la guen-e avec le démon et ses sectateurs. Nous signifierons d'abord au souverain, et ensuite à ses sujets, au nqm du Roi du ciel, qu'ils n'aient plijs à cette heure à adorer les démons, mais Dieu, Créateur des hpiïfmes, et Jésus, leur Rédempteur et souvergifrSeigpepr.
Il peut paraître bien téméraire d'S^r trouver we cation h' Infidèle, et un souverain très-puissant, pour leur iinpo^er ses doctrines et leur prêcher la vérité; naaîs ce qui nous remplit de confiance, c'est que le dessein nous en est inspiré par Dieu lui-même : ^^ous en avons conçu les plus heureuses espérances, et nous reposant sur la divine miséricorde, nous ne doutons erîVien de la puissance divine, infiniment supé-
(0 Les querelles injustes suscitées parles Portugais à Liampou, à Tchin- Tcheou et dans d'autres ports, avaient occasionné le massacre d'un grand noiAbre de leurs compatriotes et la captivité dés survivants : le Saint relent soifvent sur ces déplorables événements, au sujet desquels, dans la Vie, nous atona donné des détails étendus.
rieure à la puissance des souverains de la Chine : et comme l'entreprise tout entière est dans la main et au pouvoir de Dieu , la crainte et l'hésitation ne sauraient entrer dans notre âme. Ce qui multiplie encore mon espérance et ma confiance, est la pensée que, pour une si grande œuvre que de présenter la lumière de l'Évangile et de la vérité à une nflLtion barbare, superstitieuse et aveuglée par ses vices, et dans un autre univers, si je puis parler amsi, Dieu a fait choix d'hommes sans courage et sans vertu comme nous.
J'ai demandé différents bienfaits à votre majesté en faveur de ses représentants dans ce pays : tout m'a été libéralement accordé de votre part. Je vous en rends des actions de grâces immortelles ef infinies.
Je vous demande une autre grâce aujourd'hui, au nom de tous les chrétiens portugais et indiens, et au nom des païens mômes, principalement des Japonais et des Chinois :
tte grâce est que, dans votre zèle admirable pour le culte de Dieu et pour le salut des âmes, vous daigniez nous faire envoyer cette année autant de prêtres qu'il sera possible, des prêtres instruits et parfaitement éprouvés dans le collège et au dehors, qui aient donné des gages nombreux de leur zèle et de leur vertu dans le ministère du salut des âmes , des sujets enfin tels/que l'Inde en réclame. Car les hommes nouveaux efifeans expérience de la vie religieuse, quelles quô soient leur science et leur littérature, ne nous seraient d'aucjin service parmi ces contrées.
0 mon excellent souverain , je vous conjure encore une fois, au nom de votre charité singulière envers Dieu, et envers les hommes qui si)nt les images de Dieu, daignez écrire à Rome au P. Ignace, fondateur de nob*e Compagnie, afin qu'il envoie dans l^es Indes un grand nonrore de prêtres, disposés à beaucoup souffrir dans le corps et dans l'esprit, quand bien même ils seraient d'une faible éloquence pour la prédication. De tels hommes sont indispensables pom' les missions des Indes , et pour celles surtout du Japon et de lia Chine.
Qu'il envoie avec ces Pères un recteur pour cette résidence et pour ce collège, un homme éprouvé/ et cpnflrmé dans la vertu, qui connaisse parfaitement nù^vè^i^ et notre Institut ; car des prêtres de ce caractère mé|iaraissent devok- être d'une grande utilité aux Indes, au Japon et en Chine ; et ces contrées exigent des sujets en état de livrer de grands et nombreux combats.
,,.^Ils doiveijl être d'ime vertu solide et posséder une .;w©fice religieuse assez profonde pour répondre à toutes les difficultés qui leur seront proposées par les esprits du inonde les plus subtils, c'est-à-dire par les Japonais et les Chinois. .. r'^:
Afin de faire mieux apjj^^éiîlÉfc-Jjftç^j^d^ que ces con-
trées présentent, j'ai cru iéycmAjôjéti un Frère qui a toute ma confiance, en Portugal aft^P-ivJSimon, et à Rome au P. Ignace, avec des lettres déî;'n^part.
J^vous demande enfin, seigneur, au nom de la gloire de Notre-Seigneur J.-C. , et du salut des âmes, de daigner écrire au P. Ignace, pour solliciter son zèle déjà si ardent, afin qu'il satisfasse avec surabondance et dès cette heure aux intérêts de la gloire divine, et à ceux de votre piété, et. qu'il nous envoie six au moins des hommes que je désire, que le recteur dont je vous ai tracé le caractère. J'ai rance que leur venue sera très-efficace pour la gloire eu et pour le salut de ces peuples.
J'ai mis, seigneur, une telle confiance en votre générosité, que je ne doute point qu'à tous vos bienfaits si éminents à mon égard, vous n'ajoutiez ce dernier, qui eQjera comme le comble et le couronnement.
Goa, 10 avril 1552.
De votre majesté Tinutile serviteur.
François.
310 UVBE VIL— LETTRE Da-HUITIËME.
LETTRE XVIII
àâ Jéi kfpwîèMmi èk la Coinpagnle de Jéiritti, à HMàlkeiir.
Vous avez bien mal entendu les àyis, qu'étant à MéÛa^. pour je vous avais prescrit d'observer, ei voèiBi faites cUJ^ rement paraître combien peu d'impression i^ous ont mc^ les entretiens de notre saint P. Ignace. lé désapprouve grandement les formes litigieuses et le ministère officiel des gens de loi que vous avez introduits dans vos rapports avec le coadjuteui- : vous vous laisse;^ aller toujours à Timpétuosité naturelle de votre caractèi-e. Ce que la main droite a édifié, la gauche le raine. Soyez-en convaincu, je suis profondément offensé des actes déplacés et inconvenants que je découvre que vous avez eonmiis en la pla^e où vous êtes. Si le coadjuteur agit autremeiït qu'il ne doit, il ne se réformera pas sans doute par l'effet de vos observations, si surtout elles lui sont présentées avec témérité, ainsi que vous l'avez fait. Vous avez pris une si longue habitude de suivre en toutes choses votre volonté propre, que, partptit où vous résidez, vous offensez tout le monde, et çue jgjfc. donnez à tous ceux qui ont des rapports avec vou^RIf preuves évidentes de votre naturel intraitable et rempli d'âpreté. Dieu permettra, j'espère, que vous conceviez un sérieux repentir de tant d'actions mconsîdérées.
Par votre amour envers Dieu Notre-Seigneur, je vous et je vous conjure de maîtriser cet esprit réfractaire et
- passionné, et de réparer les fautes que vous avez commises jusqu'à ce jour, par une conduite parfaite à l'avenir : ne vous faites point l'illusion d'attribuer ces mouvements téméraiFes à Tâpreté de votre nature. La nature n'en est point l'auteur; ils proviennent de votre négligence e^jiiQme, et d'un oubli cogdamnable de la loi qui vous a fait iroevable envers DiéP^mme envers votre conscience, comme
envers le prochain, des devoirs de l'obéissance, A^ï£% destie et de la charité. Si vous hésitez à me croire fedl affirmation, soyez très-persuadé qu'au moment de voUë mort vous en aurez la conviction la plus évidente. Je vbùs en prie avec les plus vives instances, au nom de notre saint P. Ignace, durant ce peu de jours pendant lesquels est différée votre dernière heure, apprenez et pratiquez Tégalité d'âme, la douceur, la patience, la simplicité qui s'anéantit elle-même ; et demeurez en ces dispositions : l'humilitë vient à bout de tout. Si vous ne pouvez faire autant que vous le désirez, faites ce qui vous est possible selon la conscience. La force et la passion ne parviennent à rien accomplir, dans ces contrées des Indes, et les succès, que ne sauraient manquer d'obtenir la longanimité, la déférence, la modestie, s'évanouissent dans leur origine et se perdent, en présence des effusions immodérées de la colère, des paroles violentes et des actions désordonnées. Le fruit qui s'obtient sans offense et sans bruit , fût-il aussi exigu
que ce dont cette ligne est l'image « »,
est de beaucoup préférable et supérieur à des fruits qui rie sont abondants qu'en apparence , qu'il féùt tout sacrifier pour pro(Jùire, et dont je compare l'effort à cette ligne entière qui "lliiapiit tout l'intervsBle d'une page « J : )),
Je crains, en ^ffet, que toutes les raisons, que je viens de vous présenter, ne soient pas assez puissantes pour vous ramener dans le devoir. Je sais cependant, je veux que vous sachiez aussi, et je vous le déclare solennellement: un jour viendra, qui ne saurait manquer, à l'heure où vous passerez de cette vie, où vous ressentirez vivement en votre conscience les plaies de toutes vos prévarications. Gonzalo Fernandez me paraît tout semblable à vous, amer, susceptible, irritable; vous êtes formés sur un modèle unique, également disposés à voiler sous les couleurs du zèle et de la religion les excès de votre humeur passionnée. J'entends en effet d'ici vos magnifiques discours :
É saurions voir en silence Taffaiblissement de la Ton doit rendre à Dieu et les entraves apporsalut des âmes. Qu'est-ce à dire? Réparez-vous ces maux? Non, vous les a^ravez par le tumulte et les orages de luttes pleines de scandale. Je vous le dis encore : ce que vous n'avez point obtenu du coadjuteur par votre humilité et votre modestie, vous ne le lui arracherez jamais par les menaces et par des procédés altiers.
Je vous en conjure tous les deux, au nom de la piété, de l'obéissance que vous professez, et que vous protestez être prêts à témoigner envers le P. Ignace, allez, aussitôt après la lecture de cette lettre, vous présenter au coadjuteur, jetez-vous tous deux à genoux devant lui , sollicitez humblement son pardon de toutes vos offenses envers lui; enfin, embrassez sa main, et si vous désirez me remplir de satisfaction, faites que j'apprenne que vous vous êtes humiliés jusqu'à lui baiser les pieds, afin de lui donner un gage d'autant plus certain et comme une plus haute sanction de votre repentir du passé et de votre engagement d'ôlre plus humJjles dansTavenir, que votre promesse aura été plus solennelle. Ainsi sf ra-t-il assuré que jamais, durant votre résîd*^»ce à Mdiapoiir, vous n'entreprendrez rien contre sa volonté. Croyez qn à l'heure de la mort vous vous réjouirez cF avoir agi de Ja sorte : croyez à la parole de Dieu Nolre-Seigiieur; n'hésitez point à penser que si voire humilité se révèle c'i tous les hommes, vous obtiendrez sans peine toutes vos demandes qui auront pour objet le service de Dieu et le salut des ùmes.
Vous êtes en ceci, vous deux et ceux qui vous ressemblent, dans une erreur manifeste, en vous persuadant que la souveraine autorité sur l'esprit des peuples est votre droit pour ainsi dire héréditaire , en vertu du nom seul de la Compagnie de Jésus, et même avant de vous on être rendus dignes par les grands et éclatants exemples de l'humilité la plus anéantie. Avez -vous gardé la mémoire de Ja vénération infinie dont le monde entier, les
grandU comme les petits, entourent notre P. Ignace? Vous pawitt-il selon la justice que vous soyez honorés par tous d'une vénération aussi grande : vous devez vous rendre justice et considérer que vous n'avez fait paraître aucun signe des vertus sublimes qui lui ont valu tous ces hommages. En effet , nous devrions imiter premièrement les saintes œuvres de notre Père et rivaliser d'une ardeur jalouse avec ces éminents mérites qui ont touché le cœur de Dieu, et en ont obtenu pour notre Père la faveur et la grâce du monde entier. C'est au contraire une présomption vaine et déraisonnable, après n'avoir produit devaût le inonde que très-peu d'exemples, si ce n'est aucun, d'é-i. minentes vertus , que de présumer et d'attendre que vous ' recueillerez ces fruits de respect et d'amour qui sont la récompense d'un anéantissement absolu. Et c'est oublier toutes les règles de l'humilité religieuse, que de montrer du trouble si ces fruits vous sont déniés , et si le peuple ne s'empresse point d'aller au-devant de toutes vos volontés et de tous vos désirs.
Je ne l'ignore pas, vous trouverez d'éloquentes excuses : à vous en croire , si j'eusse été sur les lieux , j'aurais été d'avis qu'en cette circonstance il n'y a rien à reprendre de votre part, et que le seul amour de Dieu et le zèle du salut des âmes vous ont fait un devoir d'engager ce différend. Mais en vérité, je vous le déclare ici, et j'exige que vous croyiez à mes -paroles, vous perdez votre peine auprès de moi, quelques efforts que vous tentiez afin de vous disculper de vos torts; croyez sans hésiter que vous serez condamnés à mon jugement: je dis plus, vous ajouterez le comble à votre faute, et vous m'accablerez de douleur, si vous essayez de justifier une conduite qui n'admet point d'excuse : j'avoue en même temps que rien ne pourra m'être plus agréable que d'entendre sortir de vos propres lèvres l'aveu volontaire et la condamnation de votre péché.
Que les fautes passées et les faits accomplis soient réparés par la pénitence, autant qu'il se peut faire ; que l'a-
31& LIYBE Vn. — LETTRE DIX*NEtnm^|E.
venir soit l'objet des soins les plus prévoyants { dès cette heure, pour Tamour de moi, et donnez ioTîS'^ soins à ne vous engager jamais avec le coadjùteur, les ecclésiastiques, les officiers du roi, les fonctionnaires de tout rang, dans aucun différend, dans aucune lutte, quelles que soient l'évidence et la gravité de leurs torts; remédiez aii mal avec un esprit de paix, et dans la mesure de vos forces; abstenez-vous d'une médecine trop activé et plus dangereuse que la maladie même; ne courez point la châiice de faire avorter, par de la passion et des vivacités d'jiiuheur, les fruits que vous pouviez amener à maturité ;^ par votre modération et votre douceur.
J'ai dicté ce qui précède ; dans les lignes qui suivent, vous reconnaîtrez ma main et mon cœur.
0 Cypriano ! si vous saviez avec quel amour je vous écris, la nuit et le jour mon souvenir vous serait présent, et peut-être vous ne pourriez contenir vos larmes, en songeant à la tendre et ardente charité dont je suis embrasé pour vous. Plût à Dieu que les secrets des aînés fassent révélés dès cette vie! En vérité, vous verriez clairement, Ihon Prêre Cypriano, combien votre pensée est profondéirierit gravée dans mon coeur. Adieu.
iSôèi, 11 avril 1552.
À vous tout entier et sans jamais vous pouvoir oublier.
François.
LETTRE XIX
An P« Ga«iiàrfl Baivée, reetenr dv eolléi^e de Goà^ de là CÔMipàf^iilé de Jé«u««
Dans vos relations avec le monde , et afin d'éviter tout sujet Ôe scandale , voici les préceptes que j'ai cru devoir
UVHB VU. —LETTRE DlX-NEUVlÈMÊ. 315
VOUS donner , et que je vous recommande instamment d'observer et d'imposer comme un devoir à tous les membres de la Compagnie qui sont placés sous votre autorité.
Aucun des nôtres ne doit converser avec les personnes du sexe, quels que soient leur âge, leur rang et leur condition, A ce n'est dans un endroit public, comme est l'église ; on ne doit point les visiter dans leur demeure, excepté si elles sont en danger et dans la suprême nécessité d'une maladie d'apparence mortelle ; auquel cas elles ont besoin d'être préparées à faire une fin chrétienne, par le devoir de la confession de leurs péchés. Alors même on ne les doit visiter qa*en présence de leurs maris ou de parents de leur sang, ou s'fl ne se trouve pas de parents auprès d'elles, que ce soit en présence de personnes respectables du voisinage; mais jamais sans témoins, qui puissent, dans l'occasion, rendre témoignage de ce qu'ils ont vu. S'il arrive donc qu'une femme qui n'a point de mari et qui a perdu ses parents, doive être visitée chez elle, aucun membre de notre Compagnie n'y doit pénétrer qu'étant accompagné d'un honmie respectable et réputé tel, soit parmi les parents et les connaissances delà femme, soit parmi les voisins et les habitants de la cité ou du village, afin de prévenir tout soupçon et de couper court aux propos du monde; mais on ne doit même visiter les personnes du sexe avec ces précautions et accompagné de la soi1;e, que dans le cas, ainsi que je l'ai dit, d^unô inaladie très-grave et d'un extrême danger. Et toutes led fois qu'une fenmote qui ne sera pas en danger de iàort^ paraîtra pouvoir, soit actuellement avec quelques efforts, soit après peu de temps, sortir de sa dpmeure, on devra toujours l'attendre à l'église.
A cet égard encore, on devra s'observer, afin de ne point multiplier les visites, même auprès des personnes les plus malades, au delà des exigences d'une nécessité rigoureuse; et l'on sera généralement très-sévère, l'on tranchera dans le vif, afin de supprimer ou de réduire pour nos Confrères, autant qu'il sera possible, les occasions d'être en
rapport avec les personnes du sexe : ces relations étant rarement profitables et bien souvent dangereuses, et l'incertaine espérance d'un fruit médiocre pour le service divin ne se trouvant que trop souvent hors de proportion avec les périls que courent l'innocence et la bonne renommée. Je ne voudrais pas même que nos Pères employassent trop de temps et de soins pour instruire et pour exhorter les mères de famille assidues à fréquenter nos églises, quelles que soient leurs dispositions apparentes pour le bien. Et la raison de mon opinion est que la plupart des femmes sont inconstantes en leurs desseins et pleines de paroles dans leurs conférences; il en résulte une perte infinie de temps dans les entretiens avec elles, et une pénurie presque absolue de résultats certains et solides.
Combien il est préférable de consacrer plus de temps aux maris de ces personnes, et de s'arrêter à les instruire et aies diriger dans la voie d'une existence honorable! Les hommes sont naturellement, tout le monde le sait, plus dociles aux sages avis, plus persistants dans leurs résolutions que les femmes; ce que vous faites avec eux se consolide et demeure. S'ils ont promis une chose, ils l'accomplissent. S'ils sont gagnés à Dieu , ils sauront se faire suivre de leurs épouses et de leurs familles. Ils doivent donc être le principal objet de vos efforts; les ouvriers de la Compagnie doivent consacrer plus de temps et plus de zèle à la culture des hommes; car en un champ où la semence est répandue à loisir, la moisson est pliBÈl abondante. Cette prudence aura pour effet infaillible dé faire disparaître et d'éliminer d'une fois toutes les paroles téméraires et frivoles, les occasions de dissipation et de scandale; mettez tout votre effort et votre énergie à la faire observer sans varier, par tous les Pères qui sont sous votre surveillance. S'il naît quelque différend entre des époux, et que la charité conseille à quelqu'un des nôtres d'intervenir pour y porter la paix , que ces arbitres de conciliation ne perdent jamais de vue qu'il est beaucoup plus important pour le succès de