IX
LeHre 4o P. Ai^tepU Crtmlnale
Au F. IgnacG de Loyola^ pour le remercier du grade de coadjuteur spirituel, que ce Père lui avait conféré.
Que Jésus soit toujours avec tous !
YotregénérosjiéjVéocrablePère, a daigné admettre mon indigne per^BDC au rang de €oadjuir^ur de h Compagnie : dans ce minis* 1ère je m'appliquerai, selon la mesure de mes forces, à coopérer à vos vues sur ma personne, et, avec la grâce de N.-S. J.-C, j'espère y parvenir. Ce n*est point que je m'estime digne d*un tel emploi : je me trouve bien éloigné de posséder les qualités nécessaires aûn de le remplir : néamiioliis , en conformité de vos intentions, j'ai résolu de vous obéir parfaitement
Non-seulement vous m'avez fait cijadjuteur, mais vous ayez daigné me faire participaul de tous les privilèges et méntesi.i^e la CompagQie, et vous y avez encore ajouté tous les pouvoirs, toutes lés grâces et l'autorité qui appartiennent aux profès, afin que j'en aie le libre usage.
En même temps vous m'enseignez, ô mon Père, que tous ces dons qui me sont accordés doivent servir à édifier et non à dé^ truire : c'est ainsi, n'en doutez point, que je l'observerai constamment, et en tout lieu du monde, avec la grâce du même Seigneur Jésus-Christ. Et afin d'être plus affermi dans mes voies, quoique
45a APPENDICE.
j'aie précédemment laissé à Rome, entre les mains de mon trèscher en Jésus-Christ, le Maitre de Laon (1) , la formule de mes vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, afin qu'dle vous fût remise : quoique j'aie plusieurs UjJÊÊÊfsax le ministère de différentes personnes renouvelé ces voeuxn^fere vous affirmer encore que je me regarde comme engagé nj^Hilours, non-seulem^t «ivers le supérieur et les profès , mS^Svers les coadjuteors ou coo^ pérateurs , enfin envers quiconque fera partie de la Gompagme, même k titre de serviteur.
A regard des sept empêchements , dont un seul pfiverait celai qu'il concerne de pouvoir être admis dans la Compagnie, loué soit Notre-Seigneur Jésus-Christ qui m'en a préservé et sauvé !
Il me reste à cette heure d'obtenir de Maître François la faculté d'user dans le Seigneur de toutes ces grâces, ou de celles qu'il jugera suffire ; car sans sa permission, je crois devoir m'abstenir, comme si je n'avais rien absfljj^ent reçu de votre part
Cependant je glorifierai D9K notre souverain Seigneur, et je le prierai de nous accorder la grâce de parvenir tous à la céleste Jérusalem.
De ces contrées de l'Inde , appelées le cap Comoria , k h dfr^ cembre 15&8,
tieltreu de ëe^n m, r«l 4e iHirliigiil.
AD, Joam de Castro^ gomimeur des îndss (I Ml
Gouverneur mon ami, le devoir essentiel des souverains chrétiens, qui est de veiller aux intérêts de la religion et de faû*e servir toute leur puissance au maintien de la Foi, m'oblige de vous faire part d'une douleur profonde que j*ai ressentie. En effet, j'ai appris
(1) Pierre Oodaœ.
APPENDICE. lèS9
qiae, non-seulement dans plusieurs contrées de nos domaines des Indes, mais dans notre cité même de Goa, les idoles sont l'objet d'un culte public : et ceci se passe dans les résidences où la Foi devrait être à bon droit le plus floqssante. ^
Étant donc pleinement informé que les cérémonies païennes se pratiquent au grand jour, nous vous commandons de faii^ rechercher par de fidèles ministres toutes les idoles, de les détruire et de les faire mettre en pièces, en quelcpie lieu qu'on en découvre; de faire publier des peines rigoureuses contre toute personne qni aurait l'audace de fabriquer , de fondre ou de sculpter, de dessiner, de peindre ou de produire au jour aucune figure idolâtrique en métal ou en bronze, en bois, en argile ou en toute antre matière, ou d'en apporter du dehors : contre ceux qui célébreront, en public ou dans le particulier, des jeux ayant quelque aq^parence éloignée de gentilité, qui protégeront ou cacheront des brahmes, ces ennemis et ces fléaux du nom chrétien, A tous ceux qui viennent d'être désignés et qui commettront des crimes de ce genre, vous infligerez, telle est notre volonté, les châtiments sévères eiq)rimés en votro décret on édit, sans admettre d'appel, et sans accueilUr aucune exemption ni excuse.
Et, afin que les gentils soient portés à se soumettre au joug ^érangélique , non-seulement par la conviction intime des vérités de h Fbi et par l'espérance efficace de la vie éternelle, mais encwe par le bénéfice de certaines grâces temporelles, de ces grâces qui ont influence sur les cc9ursdes sujets : vous aurez soin qu'en réalité les nouveaux chrétiens obtiennent à l'avenir et possèdent tontes les libertés et immunités, jouissent de tous les privilèges et faveurs, qui, jusqu'à cette époque, étaient le partage exclusif des gentils.
Nous avons encore été informé que l'on oblige un grand nombre d'Indiens à faire le service de nos flottes ,' ce qui les engage dans des dépenses considérables. Voulant remédier à un abus aussi grave, nous vous ordonnons d'afl*ranchir les chrétiens de cette contrainte; et, dans les cas seulement d'urgente nécessité, si quelquesuns sont employés sur les navires, vous aurez soin qu'ils reçQivent une juste indemnité par chaque jour de travail, et vous y apporterez toute l'exactitude que nous attendons de votre zèle et de votre fidélité dans notre service.
Nous avons également appris^ par des personnes graves et dignes
de créance, et nous eo ayons ressenti h f^ns tire douleur, que certains Pwtngais acbetuent à tA prix des esdares, pour les Tendre anx Mores et à d'antres anmierçants infidèles, afin de réa|^ d'importants bénéfices : et ainsi ces Portugais caosent nn doomsage essentiel aox âmes de malhenrenx ind^nes, qoi poa- Taiem autrement se convertir à la FoL Nous tods commandons d'emjrfoyer tons tos efforts afin d'arrêter ce mal, et de toos opposer à ces ventes : tous vous rendrez très-agrésMe à Dieu, et Tons acquerrez des droits à notre finreor, si, déployant la sérérité que le cas exige, tous r^nédiez à un abus immense à nos yeux.
Tous aurez soin de r^rimer l'audace efténée des usuriers qui transgressât, sans aucun scrupule, une des andennes kûs de la dté de Goa. Dès cette heure, nous abrogeons cette k» même, et nous TOUS enjbignons de l'effacer el de la faire di^Nuraître du C(»ps des autres lois, conmie contraire à la Foi cfarétiame.
A Baçaïm , tous veillerez à l'achèrement ôe fé^Kse, qui sera sous l'inTocation de saint Joseph; et tous assignerez à cette ^j&e, sur nos pn^pies fonds, des reTenus pour son recteur, et pour pinâeurs bénéficiers et chapelains chargés de la dessendr.
Et, ainsi que les prédicateurs et les ministres de la rd^n scmt souv^t éprouvés par la misère temporelle dans l'oeuTre deb con- Tersicm des gentils, nous déânms, et c'est notre Tdonté , qu'oa leur attribue des secours pécuniaires ; et, qu'à c^ efiet, l'on impose un tribut annuel de 3,000 pardams sur les mosquées occupées par les Mores dans les terres de nos domaines»
De même, sur les produits de nos douanes et sur les drrats acquittés par le coomierce , vous in*éléverez à perpétuité 300 £uiègues (1) de riz, pour les aliments des nouveaux chrétiens qui ont été convertis ou qui se convertissent tous les jours par les soins du vicaire Miguel Yaz sur les terres de Chaûl : nous voulons que cette provision de riz soit remise à Févêque, qui en disposera successivement et dans la proportion des besoins.
Nous avons encore appris que, sur les terres de Gochîn, les chrétiens de Saint-Thomas éprouvent du préjudice, au sujet des poids et des mesures, de la part de nos marchands qui leur ven-
(1) Fanègue : mesure de capacité portugaise, environ 6 décalitres. — Pardam : voy^ Lettres, t. 1, p. S3. Note.
dent le poivre, et qui les privent de la bonne mesure attribuée par l'ancien usage en surcroît du poids et de la mesure Intime; et, à plus d*un égard, il convenait plutôt de leur faire une faveur que de les traiter si rigoureusement Vous ordonnerez donc que Ton revienne à Tancien usage.
Vous inviterez également le roi de Cochin à faire cesser certaines coutumes et superstitions païennes que ses devins pratiquent d'ordinaire dans la vente du poivre : ces rites ne l'intéressent en aucune manière, et sont un grand scandale pour les chrétiens qui pratiquent le commerce dans ses domaines.
De même nous avons été informé que ce prince persécute les Indiens lorsqu'ils embrassent la Foi, et qu'il confisque leur pro* priété : vous ferez en sorte, et vous y apporterez un grand zèle, de faire renoncer ce prince à ces actes de tyrannie, et je lui écris personnellement à cet égard. Sa conduite a produit des effets déplorables pour l'âme et pour le corps de ses sujets ; et ce i^uverain suivra nos conseils , s'il veut être notre ami : nous vous recommandons à vous-même de déployer en cette occasion toute la . puissance de votre zèle.
Vous nous avez fait valoir, dans vos lettres et dans vos rapports, l'intérêt d'affranchir les peuples de Socotora de la malheureuse servitude où ils languissent, et nous avons cru devoir y porter remède, afin que le Turc , dont ils sont vassaux , n'infeste plus ces mers par ses armées navales. Vous agirez, à cet effet, de la manière la plus efficace , après vous être entendu avec le vicaûre Miguel Yaz, de qui l'expérience vous sera d'un très-grand secours, en cette circonstance et dans tous les cas difficiles qui se présente» rant à vous.
Les mdigènes qui se livrent à la pêche des perles, outre les autres maux et les oppressions qu'ils endurent, souffrent, nous le savons, un très-grand préjudice dans leur propriété, étant obligés par nos capitaines, au mépris de toutes les lois divines, d'exercer la pêche pour le compte de ces officiers, à des conditions intolérables. Aum notre désir étant qu'aucun de nos vassaux n'éprouve d'injustic^u de violence, nous vous commandons d'empêcher que rien de pareil ait lieu par la suite à l'égard de ces peuples, et que nos capitaines prétendent s'enrichir ainsi par des voies d'iniquité. Et, afin de prévenir les vexations et les abus de ce genre, vous vous assurerez si le Uttoral est suffisamment gardé, et s'il est
possible d'opérer la perception de nos revenus, sans la présence de notre marine : si vous reconnaissez que cette voie pacifique puisse être employée, vous rappellerez nos officiers, et vous interdirez aux vaisseaux de naviguer sur ces côtes, afin qu'il soit loisible aux indigènes de jouir en paix de leur propriété, et d'être à Fabri des rapines et des extorsions.
Sur toutes choses, nous vous reconunandons de c(msulter, en toute circonstance, le P. François -Xavier. Vous examinai surtout avec lui s'il est avantageux pour l'accroissement de la religion sur la côle de la Pêcherie, que les nouveaux convertis y demeurent sans se Uvrer à aucun travail : et si cette" inaction leur est permise, il devra néanmoins paraître, qu'avec la rehgion nouvelle, ils ont revêtu de nouvelles mœurs, et mis un frein à la licence de leur vie ancienne.
Nous savons encore que ceux qui viennent d'abjurer le paganisme pour embrasser notre sainte religion se trouvent maltraités et méprisés de leurs parents et de leurs amis; que ceux-ci les chassent de leurs habitations et les dépouillent de leurs biens, avec une telle injustice et une telle violence, que les néophytes se voient contraints de vivre misérablement et dans una pénurie excessive, et n'existent qu'au prix de sueurs infinies : afin donc de remédier à ce désordre, vous agirez en prenant conseil du vicaire Miguel Yaz, de manière à ce que les nouveaux chrétiens soient assistés des fonds de notre trésor; et ce qui leur sera destiné sen remis par vous au prêtre leur pasteur, afin que chaque année ce prêtre en opère la répartition selon ses propres lumières.
En même temps, nous avons appris qu'un jeune honmie de CeyJan est arrivé à Goa en fugitif, pour se soustraire aux fureurs et aux violences de ses parents : et que ce jeune honmie, étant réellement de naissance royale, a des droits à l'hérédité souveraine. Il nous a paru que, pour l'exemple des autres néophytes, et afin de nmltiplier les conversions, vous deviez le faire accueillir dignement, en considération du christianisme qu'il professe, dans le collège de Saint-Paul de cette ville : vous l'y entretie^^ez donc à nos frais de tout ce qui lui sera nécessaire pour son existence et son bien-être, en raison de son illustre origine, afin que tout le monde apprécie nos intentions généreuses envers les personnes de ce caractère. Vous aurez soin, en même temps, de vous assurer d'une manière très-précise de la réalité du droit qu'il allègue à la
SQCcession royale, et vous nous adresserez le résultat de Yosin* temations, dans un mémoire authentique, afin que nous prenions les mesures qui seront les plus ccmyenables. Mais, dès à présent, et telle est notre volonté , vous aurez soin de demander au tyran de Ceylan le compte le plus rigoureux des traitements barbares qu'il a fait subir à ses sujets nouvellement convertis à notre sainte Foi; vous l'obligerez à donner satisfaction pour sa détestable cruauté, afin que tous les souverains de l'Inde reconnaissent à quel point la justice nous est chère , et combien nous avons à cœur de protéger tous les opprimés.
St, ainsi qu'il n'est point convenable que les artisans païens fondent, peignent, ou façonnât, comme jusqu'à ce jour on Ta toléré, des images et des figures de Jésus-Christ Notre-Seigneur et de ses saints, pour les exposer en vente : nous vous commandons fie faire toutes vos diligences afin d'empêcher cet abus ; et vous écUcterez cette pdne, que quiconque sera convaincu d'avoir fabriqué l'une de ces images, verra son œuvre détruite, et recevra deux cents coups de fouet. En effet, ce serait un grand crime que les ima^ représentant des mystères aussi vénérables se trouvassent entre les mains de païens idolâtres.
Nous avons appris des mêmes sources que les églises de Gochin €tde Gonlam, qui ont été conmiencées récenmient, demeurent sans être achevées, découvertes et exposées à toutes les injures d6 l'air: non-seulement c'est d'un effet fâcheux, mais l'édifice tout entier en souffre. Vous prescrirez donc d'en achever les travaux, sans conridérer la dépense. Vous emploierez, à cet effet, l'œuvre et les plans des meilleurs architectes et ouvriers.
A Naram, vous ferez également construire une église, en l'honneur et sous l'invocation de l'apôtre saint Thomas. Vous ferez terminer, à Calapour, celle qui est conmiencée sous le vocable de la Sainte Croix; et, dans l'île voisine de Coram, vous en élèverez une autre, d'après les plans et avec la magnificence que vous jugerez omvenables; car il est avéré que rien n'évçille davantage ^1^ esprits dés gentils les sentiments de la Foi en notre sainte lie la dévotion qu'ils reconnaissent en nous-mêmes, i recommande encore, d'une manière très-précise, d'ins- 1 dans les places où vous le verrez nécessaire , des écoles et des lifux de réunion, afin qu'à de certains jours, non-seulement les durétiens, mais les païens eux-mêmes, puissent venir assister aux
U6ll APPENDICE.
prédicaiions et aux exercices pieux, et que les païens eux-mêmes conçoivent de l*attrait pour notre sainte religion, et reconnaisMtt les erreurs de leurs propres voies, en recevant en leurs âmes h lumière pure de l'Évangile. Vous choisirez pour ces enseignements des ministres vertueux, et dont les qualités seront en rapport avec des fonctions aussi grandes. *
Désirant infiniment, et sur toutes choses, que, dans notre empire des Indes, le nom du Seigneur Dieu soit connu et ^orifié , et que la sainte Foi y soit reçue partout , nous Bitendons , et telle est notre volonté, que dans toute la contrée de Salsette et de Bardez, l'on détruise et Ton extermine toutes les idoles, et que Ton nvitte fin au culte infernal qui leur est rendu ; et, afin que cette œuvre s'opère plus aisément, et sans qu'il soit nécessaire d'y em[doyer la force ou la contrainte, nous ordonnons aux prédicateurs de faire servir leurs discours et leurs conférences à préparer , avec autant de prudence que de zèle, les esprits des païens; de les amener, avec la grâce de Dieu, à connaître le bienfait qu'on leur procure en leur découvrant Timmensité de leurs erreurs et en les délivrant du douloureux esclavage et des chaînes du démons Ces infidèles peuvent en être affranchis, s'ils embrassât notre sainte religion , et c'est la voie unique pour leur faire connaître l'aveuglement où Satan les tenait plongés, en les privant du suprême avantage de la science du salut. Il importe singulièrement que les ministres de la religion soi^it édifiants par leur vie et par leurs mœurs, et doués d'une science sufiisante: vous les choisirex donc dé ce caractère, afin que l'on ait lieu d'espérer qu'ils répondront à nos vues. Vous leur recommanderez de montrer tout le zèle et toute l'assiduité qui constituent leur devoir, ainsi que le vôtre est d'attirer à yous et de vous concilier tout le monde, et principalement les nobles et les chefs de famille , dont l'ex^nple dirige le resté du peuple : que si ces personnes sont gagnées à notre sainte religion, il deviendra plus aisé de convertir la masse de h nation, qui s'empressera de se conformer à l'exemide des chefc. Les nouveaux convertis doivent être traités avec une douceur extrême, afin que les indigènes en conçoivent des dlsposîtifi|bJ leures. Vous favoriserez ces néophytes, non pas d'une générale, mais individuellement, si dénués et si misérables 1 soient .
INous avons cru devoir vous adresser ces recommandations
iceur exlesqPm
nombreuses; et, pleins de confiance en votre dévouement et ea votre zèle, nous présumoris qne vous saurez en remplir tout le devoir. Il en résultera, pour Dieu Notre-Sdgneur, une gloire immaiièe, et nous estimerons vous avoir une obligation éminente. Donné à Abndrim, le 8 mars, en Tannée 1546 depuis la naissauce de Notre-Seigneur.
Le Roi.
2* LETTRE
À D, Francisco Barreto, «tce-rot des Indes, pour lui recommander de procéder à une enquête sur les vertus et les miracles du Saint (1556).
Vice-roi, mon ami, salut!
La vie et les travaux de François Xavier ont été d'un si salutaire exemple, que nous considérons comme très-agréable à Dieu de les mettre en lumière pour la gloire divine. Et afin que les faits de cette vie, étant publiés dans le monde, y jouissent d'une au- U)ri|i^||t d'une authenticité parfaites , nous vous recommandons trèsnexpressément , partout où se trouver(mt , dans toutes les parties des Indes, des témoins avérés et dignes de foi concernant les cenvres du P. Xavier, des témoins ayant vécu longtemps et familièr^nent avec lui , de les entendre sous la foi du serment, ^ de faire rédiger des acteà authentiques et des procès-verbaux de leurs témoi^ages : vous ferez Cesser ces instruments avec un soin extrême, «t vous y comprendrez tout ce qui se rapporte à la vie et aux actions de ce Père, à toutes les œuvres glorieuses accomplies par lui pour le salut et l'édification des âmes ; enfin, tous les miracles que, par la grâce de Dieu, il a opérés durant sa vie et après sa mort. Ces document^, revêtus de toutes les formes autl^ntiques , seront signés et scellés par vous, et nous seront^ transmis par trois différentes voies. Nous vous serons ^dm^ comme d'un éminent service, si vous accomplissez notre MjSUfdJJl^;' avec zèle et dans peu de temps. " ' '^'
. 14sbonne, le 28 mars 1556. ^ ■ - jHf
Le Roi.
pour dissiper les ténèbres et la profcmde aoit où elles étaieiil^sevelies. I/Ouange et gloire en soient rendues à Pieu, qui opère de si grandes merveilles par )e ministère de ses saints I
J'accorde à ces Pères tout ce qu'ils réclainent de moi, dans Tintérêt du salut des âmes : je communique à chacun d'entre eux tout le pouvoir et toute l'autorité que je possède, à ce point de n'en rien réserver absolument : je me considère comme étant Tun des mem- ' hres de leur sainte Compagnie , malgré que mes œuvres soient si différentes et si éloignées des leurs ; je leur suis favorable, et je les aime en Jésus de Nazareth, avec une charité sincère , pure et sans aucun fard; je leur accorde des églises et des résidences, o4 ils ont la faculté de se recueillir, et d'où ils peuvent se diriger vers leurs travaux, afin d'aller opérer le salut du prochain. ïtespnt vraiment dignes d'être consolés souvent par des lettres de votre Révérence, et votre Révérence pourrait en même temps écrire au P. maître Simon, de leur envoyer, du Portugal, d'autres Pères pour les assister : en effet, le pays est immense, les ouvriers sont peu nombreux, et le travail est infini.
(28 novembre 1550.)
l.eUrc da P. Melehlor Nunçz Barreto^ à la Compasiile, efi Portugal.
Sur les souffrances du P, Xavier au Japon, (FragmenL)
Les bonzes sont étroitement unis avec les seigneurs
de l'Empire; et ils nous font une guerre acharnée, parce que nous révélons au peuplé leur vie criminelle et tous leurs artifices. En effet les mensonges, dont ils remplissent les esprits des hommes, sont si infinis, qu'il n'existe point parmi ces pays d'obstacle plus ' grand à l'Evangile. C'est ici que j'ai connu combien le P. François Xavier a lui-même éprouvé de contradictions , quoiqu'il ait voulu nous le laisser ignorer. Combien de peines il a surmontées, dans ses voyages continuels à pied, lorsqu'il Tpc^ç^mV^MLXcSftK^
&68 APPENNCE.
dienAs et dans ks DiaîflQBS des boDzes et d€s sogneois, et qa*i Douniasait uniquement des aliments les pins Tnlgaires et les moins sohstantids! Pendant les pins grands finoids, il courait, comme on seiritenrd'écnrie, derrière les cafaliasjaponais,¥oyageant à Tafinre de leors cbevanx, sans jamais quitta- sa sontane, et chargé d^nne valise; car 0 se proposait ainsi d'ériler les brigands du chemin. ' Le même Père, lorsquH s'agissait de reprendre les rices et les superstitions des Japonais, était si plein de Tébémence et de Uberté, que son compa^;non en frissonnait de crainte, ainsi que ce dernier me Ta définis raconté (1). Combien de fois ce Père a supporté d'un coenr ferme et d*nn esprit invindhle les damenrs des enfinls qui s'attachaient à ses pas, leurs insultes, les pierres dont ils Taccâblaient! Il ambitionnait à ce point la mort pour Jésus-Christ, qu'on eût pu dire qu*il la recherchait Censurant un jour avec la liboté d'un saint zMe un crime infâme dont le roi d'Amanguchi s'était rendu coupaUe, il encourut un dang^ très-érident de mort Un jour, des seigneurs japonais lui adressaient la parole en des termes peu respectueux, et son interprète, saisi d'efl&oi, s'attendait à tout instant avoir icsépées s'abaisser sur le Père : et Xavier ordonnait à ce même interprète de répondre en un pareil lapfage, sans toutdcMS proférer aucune pan^ d'injure. Il agissait ainsi, non par orgueil, mais parce qu'il était convaincu, — et ille disait, — que sa doctrine et ses paroles n'auraient d'autorité parmi ces peuples , que s'il se faisait respecter plus encore qu'on ne respecte les bonzes, pour lesquds la considération est immense. Les Japonais étaient pénétrés d'une telle admiration à la vue de cette grandeur d'âme et de ce mépris de la vie, que le P. Xavier, aux yeux d'un grand nombre d'entre eux, jouit encore aujourd'hui
d'une éminente réputation de sainteté
Cochin, 10 janvier 1558.
(1) C'était le F. Joam tenandez, si héroîqoe loi-même.
APPENDICE. ft69
Lettre du P. Lnla de Almelda (1). ^
Sur les miracles opérés par un livre et une discipline laissés par le Saint à des chrétiens japonais.
£a nous dirigeant sur Tanarim, où se trouvait à l'ancre le navire de Manoel de Mendoza, nous rencontrâmes le château d*un seigneur appelé Hexandono. Ce château se trouvait placé sûr une haute colline, et m'a paru la plus forte citadelle, par ses défenses naturelles et par les ouvrages d'art, que j'aie vue en ma vie. . . .
Dans cette place, il y a de longues années, François Xavier avait converti à Dieu l'épouse d'Hexandono et quatorze autres personnes, et Je crus que c'était un devoir pour moi d'aller les consoler et les confirmer dans la foi. Tous me reçurent avec l'affection la plus vive, surtout l'épouse d'Hexandono. On m'adressa de nombreuses questions sur François Xavier, sur les Eglises de Bungo, de Meaco , et sur toutes les autres qui ont été fondées au Japon, et on me témoigna la joie la plus sincère d'apprendre leur état florissant Ces chrétiens parurent d'autant plus heureux de ma présence, que depuis longtemps ils n'avaient eu l'occasion de voir aucun membre de notre Compagnie. Pendant ce long intervalle de temps, la divine Providence les avait maintenus dans la foi, grâce au zèle d'un vieillard chrétien qui jouissait parmi eux d'une grande considération, en qualité de maître et de docteur de tous, et aussi par l'effet de plusieurs miracles. Une femme pieuse conservait avec une vénération profonde , un petit cahier que Xavier lui avait donné, contenant des litanies et d'autres prières copiées de sa main, et cette femme avait éprouvé la vertu de ce livre. En effet,
(1) Luis de Àlmeida, passé au Japon pour faire le commerce, trouva plus fructueuse l'œuvre de la conversion des âmes. Il fut reçu dans la Compagnie en 1555 par le P. Cosme de Terrez. Étant encore dans le siècle, il avait créé dans Buogo un asile d'orpheUns et un hospice de lépreux. Dans la Compagnie, il accomplit de nombreuses missions avec on succès infini. 11 excellait surtout dans rétablissement de chrétientés nouvelles. Il fut le principal fondateur des églises deVocoxiura, de Goto, d'Âmacusa, deCochinotzu , de Chimabara, de Funai. Il mourut saintement à Amteusa , dans le courant de Tannée i58a.
a70 APPENDICE.
placé sur la personne de plusieurs malades, parmi lesquels se trouvait Hexandono , le livre du Père les avait guéris à l'heure même. Le vieillard conservait, avec une dévotion pareille, une discipline que le Père lui avait remise , et dont les chrétiens se frappaient dans de rares occasions : car le vieillard ne permettait point qu'on s'en servît souvent, de peur qu'elle ne vînt à s'user. On avait reconnu que cette discipline était non-seulement salutaire aux âmes, mais aussi aux corps, par une grâce toute spéciale de Dieu. La femme dont nous avons parlé , se voyant a£Qigée d'une maladie grave, et ayant vainement eu recours à tous les remèdes, eut la pensée d'employer la discipline du Père, et, par les mérites de François Xavier, à ce que l'on peut croire, elle recouvra sa santé primitive. Je m'entretiils avec tous ces fidèles sur les matières de la religion, et, ayant fait dresser un autel, et placer i^ur cet autel Une magnifi(tue image dfe la Très-Sainte- Vierge, que j'avais apportée avec moi, je conférai le baptême à neuf enfants, parmi lesquels étaient deùt fils d'Hexanddno, que le vieillard initie déjà aux éléments de la doctrine chrétienne. Je îhe séparai d'eux le lendemain matin, à leur profond rcgrbt, aboùdamniënt poutru par leurs soins de tout ce qui était nécessaire pour ma route, et teur dyâtit pnnnb dé les visiter k mon retour, et de demeurer quinze joUrs au milieu d'eux. . . .
Novéinbre, 1562.
XtV.
Lettre du P. Alcssandro Vallgnant (1).
Sur la réforfne des tnceurs portugaises opérée par le P, Xavier et ses premiers disciples.
Les Pères et les Frères de la Compagnie que le P. M' François avait choisis pour faire avancer les œuvres entreprises par lui, donnaient dans leur vie de merveilleux exemples, et continuaient
(1) Le P. Yaligoani fut visiteur delà Ck)mpagnie au Japon de 1574 à 1592. Il y rendit d'éminents services à la religion. 11 fut ambassadeur de Portugal au Japon , et s'acquitta sagement de cette mission politique. U fit le voyage
ces œuvres avec tant de ferveur, cpi'il était évident pour tous que ces religieux étaient bien les Gis aînés d*un tel père. Il en est ré* suite que sa doctrine et ses actes ont ouvert les yeux des Portugais, dans toute retendue des Indes, et qu'ainsi cette nation est venue • des ténèbœs à la lumière , et qu'elle a renouvelé et transformé son existence, discernant Tor pur d*avec le fumier; les péchés publics ont disparu, tandis qu'auparavant on les commettait sans scrupule, en matière de mœurs comme en matière de commerce ; Ton a abandonné toutes scNTtes de trafics et opéré de grandes restitutions. Les sacrements se sont vus fréquentés ; la honte qui, pour la plupiart des hommes, consistait naguère à paraître dévots, s'est changée en la crainte d'occasionner du scandale. Et comme la nation portugaise a naturellement d'excellentes inclinations, ces saints travaux, avec la grâce de Dieu Notre-Seigneur, étant secondés par la bonne administration et parla sagesse des prélats et de tous, les autres ecclésiastiques, ont fait que l'estime et la considération accordées à la vertu ont bientôt pris un merveilleux accroissement, et depuis longtemps déjà dans les Indes, c'est une honte Insigne pour un homme que de passer pour vivre d'une manière déshonnête. Et bien qu'il soit avéré qu'il se cœnmet des péchés, puisqu'il est nécessaire qu'il y ait des scandales en ce monde, — car, de luimême , le monde ne saurait produire que ces épines mauvaises, ainsi que le fait la terre depuis la malédiction divine : — néanmoins, en considérant la nature des choses, et les excès de licence auxquels naguère on vivait abandonné, on doit éprouver une sincère admiration de la modestie, et des sentiments religieux des soldats portugais dans les Indes. Le respect qu'ils observent et pratiquent à l'égard des choses saintes , des prélats, des religieux et de tous les ecclésiastiques; le fréquent usage qu'ils font durant l'année des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, leur scrupuleuse eiaç<titude à remplir leurs devoirs avant de s'embarquer polfr llï faire campagne, paraît être plutôt le fait de personnes viv religion, que de geità de guerre qui combattent avec Fintrépfa et avec la constance dont ils donnent sans cesse les ^mives. Dons ce changement, qui a été réellement l'oeavre dii Seigtiéuk*
d'Europe en 1592 aûn d'aller rendre compte au souverain pontife et au P. général de Tétat religieux de sa province. Le P. Vallgnanl revint àvÊê les Indes, et termina sa sainte vie à Macao, en 1C06. ■ ^
et rell[et de son bras , s*ii est yrai de dire que les préhts s'y sont puissamment employés ainsi que les autres eccléâastiques ; néan* moins le principal honneur doil^jÇtre rapporté aux glorieux souTe* rains, le roi Jean III et Btadulié Catherine, son épouse, qui ont gouverné leurs Etats avec un si admirable zèle et une sagesse si parfaite, et qui ont commencé la réforme et Textirpation des anciens désordres, qui ont secondé les Ordres religieux, qui ont mis et laissé leurs sujets dans une forme nouyelle d'existence, et dans des mœurs véritablement chrétiennes.
L'exemple de ces souverains a été merveilleusement suivi par leur petit-fils, le sérénissime roi D. Sébastien, que le monde a sujet de pleurer, après Tavoir perdu si prématurément et dans la fleur de son âge. On ne doit pas une moindre reconnaissance, pour ces rares bienfaits, au catholique et très^évot roi et cardinal D. Henri, présentement vivant, pour toute la durée écoulée de son règne, et pour le temps de sa domination sur cet empire des Indes. £n effet, il gouverne ses deux empires avec une conscience si pure, et avec un zèle si passionné pour le service de Dieu et pour la réformation des mœurs de ses sujets, que les rois peuvent le prendre pour modèle et les prélats pour exemple.
Nottec «ar la ebapelle bmMie de Tabbaye de Montnuirire ,
Où saint Ignace et ses compagnons émirent leurs premiers voeux.
Le mont des Martyrs qui, par les altérations de la langue, est devenu Montmartre, a reçu son nom des martyrs Denis, premier ..évêque de Paris, Rustique et Ëleuthère, ses.ix)mpagnons, etdeplu- ' i^éurs autres saints personnages, qui vivaient retirés dans les carrières ou catacombes, et qui rendirent témoignage à la foi vers le même temps. Une église y fut élevée par la piété des fidèles, et les premiers actes relatifs à ce lieu vénérable remontent au xi*' siècK: on y lit la donation qui fut faite de l'église au monastère bénédic* tin de Saint-Martin-des-Champs. Au penchant de la colline, à 600 pieds environ de distance, était une crypte où^ suivant la tradition,
flmt Denis célébrait les saints mystères pendant la persécution. Une antre tradition y place le lieu de son martyre. Il existait là deux oratoires : Tun inférieur» dans la crypte, et Tautre construit
£n 113/i, Louis-le-Gros j^Hp^ans le lieu de Montmartre, un coairent de religieuses bénécQâiUife'» duquel il fit dépendre l'église et la chapelle. Les moines de Saint-Martin reçurent une autre église en la {dace. La nouvelle basilique de Montmartre, qui fut édifiée m les fondements de Tancienne, fut consacrée par le pape Eugène III en 11/47. £ile formait deux églises : Tune, dans la partie inférieure de la nef, était Téglisc paroissiale, dédiée à la Très-Sainte- Vierge et à saint Denis, évêque et martyr ; l'autre, qui comprenait b partie supérieure de la nef et l'abside, était la chapelle des religieuses, sous le vocable de saint Pierre, apôtre. Cette basilique est la paroisse actuelle de Montmartre;
La petite chapelle, au pencbapjî|Jç lit colline, était dédiée à saint Denis et à ses compagnons t^tyi^^. On l'appelait la chapelle du Martyre. L'oratoire sous cette chapeile, fut de tout temps l'objet de nombreux pèlerinages. Saint Bernard, qui la visita en 11&7, i avait une dévotion spéciale, et il y laissa sa chasuble brodée en irgent On y conserva cette relique jusqu'à l'incendie de 1559, où a sacristie de l'églin; et une partie du couvent furent consumées )ar les flammes.
Les maîtres grféYre^. de Paris avaient leur confrérie dans la 'hapeUe basse.
Ce fut d^m cêtCe cryjî^te que saint Ignace et ses compagnons firent la première profession de leurs vœux, ainsi que le :oti$tatait une inscriprîim gravée sur une lame de bronze dorée, H fixée datis un marbre auprès d'un des piliers, ainsi con^.:
D. O. M. SiSTE, Spectator, atque in hoc MartyriJii se- E>IJLCHRO, PROBATI Ordinis cunas lege, S0GI£TATIS JESU , )UJE S. IGNATIUM LOYOLAM PATREM AGNOSCIT, LÛTETIAII MAtREM. ANNO SaLUTIS MDXXXl V, AUGUSTl XV, HIC NATA EST : CUM [GNATIUS ET SOCII, VOTIS SUB SACRAM SYNAXIM RELIGIOSÈ CONCEPTIS, SE DEO IN PERPETUUM CONSECRARUNT. AD MAJOREM DEI GLORIAM.
« À la gloire de Dieu« Arrêtez-vous, spectateur, et lisez, dans cette sépulture des nuirtyrs, l'origine d'un ordre révéré, de la
Ulk APPENDICE.
COMPAGNIE DE JÉSUS, qui reconnaît saint Ignace pour flou père, et la Ville de Paris pour sa mère : Elle a pris naissance en a sanctuaire, le 15 août 1534, lorsque Ignace et ses compagnons) ont prononcé leurs vœux de tt^^m^ après avoir participé au banquet eucharistique, et se sont & jamais consacrés à Dieu, pour sa plus grande gloire. »
Sur le haut d'une petite colonne à Feutrée de la chapelle on lisait cette inscription :
Sacra et pia Societatis Jesu incunabula : parentibus o^
TIMIS FILII POSUERE.
« Saint et pieux berceau de la Compagnie de Jésus : érigé pai les (ils à leurs véiiurahles jitTfs, ^
Sur Tauiel dv. la chapelle, (''ïàît' un ublcau représentant le P. Lefèvre adnjîiiisiraiit la ti^ès-3^ainte Euchariiilie à ses compagnons dont le premier lit l^ formule d(*s vœux.
En 160/i, le ciirdiual do Bénille, et la sainte fondatrice des Car mélites en France, la môre Morie tlo. riricariiaiioii, vinrent, cnl chapelle du Mai-tyrc, itaplùrcr liis grâces de Dieu pour leur Institut.
En 1612, le même cardinal de BéruUe y offrit à Dieu les pré mices de l'Oratoire,
Saint Vincent de Paul et saint François de Sales fir^t aussi de pèlerinages à Montmartre.
M. Olier et ses compagnons s'y rendirent, en iCihil pour con sacrer, par un engagement solennel» la fondaliott ^ laisommu nauté de Saint-Sulpice. ^^y^-" . ,
Sous le règne de Louis XIY, de 1681 à li^|;!3a ctiapeD<4i Maityi^ fut magnifiquement reconstruite et décorée, et devint 1 chàiî^.(p:4ÎQaire des religieuses.
En 1790, l'abbaye fut supprimée par un décret de l'Assemblé natîoiiaie, et bientôt le domaine entier fut vendu comme propriét derÈtat(l). A cette heure, la chapelle et les bâtiments ont disparu et leur sol même a été profondément creusé par des carrières les terrains, divisés en parcelles, se sont couverts de ly^timents et nous pouvons seulement indiquer l'emplacement ancien de 1 vénérable chapelle : c'est à l'angle formé par la chaussée des Mai
(1) M. Tabbé Ottin, ancien curé de Montpaartre, possesseur d'un pian < fabbaye, dressé dans le temps de la révoluttoik, a bien voulu nous cod
APPENDICB. 475
ar la rue Antoinette. Le terrain de la chapelle se trouve, ite apparence , converti partiellement en ces deux voies s, et partiellement occupé par la maison formant Fangle des deux voies.
3 sur l^lc de San-Ghan, appelée- Sancian par le» Portunals (t).
le San-Chan, située par 21°,30* de latitude N. et 134 de î, au S.-O. de la province de Kouang-Tong, n'est séparée nent cliinois que par un détroit d'un mille d'étendue. . milles environ de circuit ; sa longueur est de 5 milles, au midi, et sa largeur de 3 milles, d'orient en occident, ;ènes l'appelaient Chang-Tchouen, c'est-à-dire qui est suau bras de mei\ à cause d'un canal qui la sépare d'une néridionale. Ils appelaient cette dernière île Ëiâ-Tchoiieh, e au bras de mer,
San-Chan et le continent, existe une rade avantageuse, cpie mteurs ont appelée Taméo, d'autres Veneaga : nous ignoigine de ces noms.
l'île est parsemée de montagnes où le gibier abonde : contre des sangliers; des cerfs et des volées nombreuses as ramiers. Quelques espaces planes sont cultivés en riz. it aussi de nombreuses vignes sauvages, îtait déserte, lorsqu'en 1523 quelques familles chinoises t la mer et vinrent s'y établir. Peu de temps après, les 5, exclus des ports de la Chine, construisirent sur la plage Qes en branches, et des abris temporaires pour leurs mar- ?.
ce plan, et nous avons également consulté les plans récents de la
ontmartre.
ta Christiana, t. Vil et VHistoire de Montmartre, par M. Ché-
ibllée par M. l'abbé Ottin, nous ont principalement servi pour ré-
î notice.
iche Â.
a78 APPENDICE.
plus grande partie des faits de cette notice. Nous donnons une analyse du voyage des deux Pères, présumant que les pèlerins qnî visiteront San-Chan y pourront trouver des informations utiles.
Le 10 mars, on alla de Sin-Hod à Sin-Ning (une journée do dislance). Le gouverneur de Sin-Ning était chrétien, et accuefllît avec honneur les missionnaires. — Le voyage se continua p» terre jusqu'à Kouang-Haï, où Ton arriva le 1^ mars. On y troova les navires préparés ; Ton était alors à cinq milles de SaiH Chan. ■ — Le 15 mars au soir, on atterrit à Tîle. De lohi, on apercevait la pierre érigée sur la sépulture du Saint Les voyageurs, après s*etre prosternés sur le tombeau, se rendirent au procbate village, à un mille de distance, pour y passer la nuit.
Les Pères y rassemblèrent les habitants de six villages de lUe, et leur notifièrent les ordres du vice-roi de Canton. La r&idenoè qu'ils choisirent fut un autre village, à trois milles de distance, au pied d'une colline, vis-à-vis du tombeau. Les travaux furent commencés le 19 mars, fête de saint Joseph. On fit niveler un plateau, et Ton anticipa même sur la base de la montagne, en attendant les différents matériaux qui devaient venir de Canton.
En même temps, les missionnaires firent entendre aux habitanU de File de salutaires prédications , et visitèrent successivemenl tous les villages.
Ces villages étaient au nombre de six : Pe-Khang (lit septentrional des eaux); Hien-jou (du nom d'un poisson); Si-Khang (Kl méridional des eaux) ; Che-Sonn (ainsi nommé d'un rocher en forme de jonque); Ngao-Kouon (perspective sans bornes), ei Tchao-Van (baie du thé).
L'île renfermait environ trois mille habitants; les missionnaires la trouvèrent peu fertile.
Le monument (1) fut divisé en trois parties : dans la premièpc et dans la troisième se trouvait une chapelle, pour célébrer la sainte Messe.
La partie la plus élevée avait son toit terminé en pointe, ave€ un globe céleste surmonté d'une croix.
On descendait, par sept marches, dans le heu de la sépulture. Les deux dernières marches passaient aux deux côtés de l'ancienne pierre.
(1) Planche IJ.
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Enfin, cinq autres marches conduisaient à une plate-forme, sur laquelle était érigée une grande croix, haute de dix pieds romains, et large de cinq. £lie se présentait en face de la voie des navires.
L'ouvrage entier avait environ soixante-dix coudées chinoises de longueur, c'est-à-dire, plus de quatre-vingt-dix pieds romains anciens; la largeur était de trente coudées chinoises, ou quarante pieds romains. Un mur d'enceinte qui, dans sa pente, croissait eu élévation et avait de cinq à huit pieds de hauteur , accompagnait la déclivité de la montagne, et garantissait le monument contre les eaux pluviales.
L'extérieur des murailles était peint en bleu, la partie supé* rieure eu rouge, et l'intérieure en blanc.
Sur la porte de la chapelle était inscrit le millésime de l'année (1700).
Le monument fut terminé le 2 juin, et les missionnaires revinrent à Canton, après avoir opéré plusieurs conversions parmi leshabitants.
Ils obtinrent du vice-roi de Canton un diplôme de protection en fsiveur de la population de San-Chan, ce qui permit sans doute que leur œuvre sainte subsistât pendant quelque temps.
En 1813, l'évêquc de Macao, Sa Grandeur le F. Francisco de . Nossa Senhora da Luz Ëaschim (1) , visita l'Oe de San-Chan, et y trouva le monument détruit II parvint néanmoins à faire réparer la pierre principale et la fit relever. Mais, sans doute, à cette heure, elle est de nouveau dans la poussière. Que Dieu daigne, au milieu des événements dont la Chine est le théâtre, accorder à son Apôtre un monument respecté, dans la place à jamais vénérable de sa première sépulture 1
(1) Ce nom, écrit ainsi clans l'ouvrage d'Andrew Lijungstedt sur M^c^, ne nous pj raît point un nom portugais : nous le transcrivons avec réserve.
hM APPENDICE.
URBAIN VIH.
Balle «e U e»ii«iiUiAtl«« «e «aIbI Franeolfli Xftvter, eélélirée IH^r GréKolre XV.
URBAIN, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, pour la perpétuelle mémoire des faits.
Préambule. — Il est conforme à la raison, il est selon la justice que les actes émanés de la sagesse du pontife romain, quoique Tévénement de sa mort ait empêché de les constater par des lettres apostoliques, reçoivent leur effet légitime.
Depuis longtemps, en effet, notre prédécesseur le pape Grégoire XY, d*heureuse mémoire, avait pieusement considéré que le Fils unique du Père Étemel, lui-même étemel ainsi que son Père, étant descendu du trône de sa gloire au milieu de ce monde, afin d'opérer le salut du genre humain, avait répandu la bonne semence de son Verbe dans le champ de cet univers, afin que cette semence y devînt, pour ceux qui croiraient, le germe fécond de toutes les vertus célestes, et le gage, à la fin des temps, de la vie étemel e; que, pour donner Taccroissement à cette nooisson divine, Jésus-